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Les sujets devant faire l’objet de dialogue entre le ministre de l’Intérieur et les partis politiques, le 21 novembre prochain, ne devraient pas être très différents des points déjà énoncés par le chef de l’Etat dans son discours du 28 mai 2016.

Le 21 novembre prochain, les concertations politiques vont démarrer. Cette fois-ci, le qualificatif «national» a été zappé pour n’en faire qu’une opération de rattrapage des divergences profondes entre l’opposition et le pouvoir sur les questions électorales, surtout après des Légis­latives marquées par de nombreux dysfonctionnements, des inscriptions au vote. Ce sera donc une affaire des partis politiques, comme l’a dit d’ailleurs le ministre de l’Intérieur. Comme celles du 28 mai 2016, donc au lendemain d’un référendum à polémique, le gouvernement entend réparer les lois d’urgence adoptées à la veille des Législatives, mais aussi anticiper sur les candidatures fantaisistes, comme il y en a eu à l’élection des députés. Mais au fond, le menu du 21 novembre ne devrait pas être aussi différent de celui du 28 mai 2016.
Si le «consensus est une forme d’expression de la démocratie», comme le soulignait Macky Sall dans son discours du 28 mai 2016, Aly Ngouille Ndiaye devra faire sans les grands partis ou coalitions de partis politiques. Le Pds et ses alliés n’ont pas encore confirmé leur participation, alors que Manko taxawu senegaal (Rewmi de Idrissa Seck, le Grand parti de Malick Gackou, entre autres), a catégoriquement décliné cette invitation. Cette composante et pas des moindres de l’opposition suspend sa participation à la «libération inconditionnelle du député-maire de Dakar Khalifa Ababacar Sall». Et il ne faut pas ignorer les profondes divergences et contestations nées de la victoire de Bby sur Mts à Dakar. Une pilule qui peine à passer pour Khalifa Sall et Cie.

Le menu
Partant de ce même discours du chef de l’Etat, il y a tant de plats au menu du dialogue politique du 21 novembre. S’il y a eu des accords dans le cadre de la Revue du Code électoral, il faut souligner, en revanche, qu’il reste beaucoup à faire. Macky Sall admettait d’ailleurs que «cinq points, au moins, nécessitent des convergences, voire le consensus le plus large pour les traduire en règles partagées et acceptées par tous».
Il est vrai que la question de la participation des candidats indépendants à tous les types d’élection a été réglée, mais le statut de l’opposition et de son chef ainsi que le financement public des partis ou coalitions de partis politiques sont encore en l’état. Et à un an de la Présidentielle, il serait risqué, surtout pour le pouvoir, de voir cette question définitivement tranchée. Car 2019 sera une affaire de sous, aussi bien pour la caution que pour la campagne. Le Président Sall avait, par ailleurs, «fortement recommandé des échanges entre majorité et minorité parlementaires pour aboutir à un Règlement intérieur consensuel». Mais, ce consensus dépend, en réalité, de la majorité elle-même qui a le dernier mot parce qu’elle fait passer et bloquer les lois à sa guise. Au-delà de ces questions purement politiques, le ministre de l’Intérieur ne peut s’occuper d’autres sujets comme la révision de la loi portant Code général des collectivités locales qui devait devenir Code général des collectivités territoriales. Il ne peut non plus s’occuper d’autres points de discussion comme la gestion du foncier et les «conséquentes ressources minières, pétrolières et gazières» découvertes au Séné­gal, pour reprendre le Prési­dent Sall.
hamath@lequotidien.sn

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