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Son style, son charisme,  sa plume, son flow, sa personnalité en général la placent sur l’orbite des «excellents artistes». Grace à l’immensité de son talent, la jeune femme ne passe désormais plus inaperçue dans la sphère hip-hop du Quebec. Sarahmée, pour ceux qui la connaissent, est la prochaine Nicky Minaj. La rappeuse canadienne d’origine sénégalaise est très en vogue. Son premier album Légitimes (Ndlr, sorti en octobre 2015), l’a encore propulsée au rang des Tops du rap international.  Présente pour la seconde fois à Dakar dans le cadre du «Festa2H», elle a accepté en quelques questions de se livrer aux lecteurs.

Vous avez accepté une seconde fois de revenir au Festa2H. Qu’est-ce qui vous plait au point de vous faire revenir ?
J’ai effectivement été invitée pour la première fois en 2008. Amadou Fall Ba, le directeur du Festa2H, m’avait contactée, il avait entendu ce que je faisais dans le milieu du rap. On était à l’époque plusieurs artistes québécois à être invités. On a passé 2 semaines au Sénégal et on est tombés sous le charme de ce pays mais surtout des organisateurs. Car il y avait un accueil super chaleureux. Ils étaient à leur 3ème édition mais toujours sérieux. Ils sont bien organisés et ils respectent les artistes. On a eu un bel accueil, tout était bien organisé. On faisait des shows à Pikine et on se promenait à Rufisque. Et quand on m’a sollicitée en début d’année pour revenir, je n’ai pas hésité.
Il y a moins de rappeuses que de rappeurs dans ce mi­lieu. Comment vivez-vous ça ?
C’est vrai qu’il n’y a pas beaucoup de filles dans le rap de manière générale, même à Montréal. Mais le rap est un moyen d’expression et  j’ai commencé à le faire parce que j’en écoutais beaucoup. Quand je suis arrivée au Québec après mon lycée à Dakar, j’étais bien entourée. Mon ingénieur de son, avec qui je travaille depuis 10 ans, m’a inculqué cette rigueur au travail. Après, il m’a présenté à des gens solides. C’est ça qui est difficile pour les femmes. La musique en général n’est pas facile. Le rap encore moins. J’entends une certaine forme de misogynie dans les paroles mais quand je les côtoie, c’est le contraire. Les mecs ne sont pas délicats : parfois ils disent des choses devant nous, mais c’est la nature humaine. Pour moi tout le monde doit arrêter de stigmatiser les genres, surtout les médias, et penser à la bonne musique.
Parlez-nous de votre album Légitimes
Sur Légitimes, il y a beaucoup de couleurs parce que c’est un album fait graduellement mais qui retrace mes années en Afrique…. Il y a beaucoup de titres qui retracent mon enfance. C’est un peu un album de vie. C’est très autobiographique. Il y a des chansons plus légères et plus clubbing. Ma force c’est dans le récit, je pense.
Maintenant que vous êtes à Dakar, allez-vous en profiter pour rapper en wolof ?
Depuis que je suis ici (Ndlr, au Festa2H), mon wolof me revient. Pourquoi ne pas faire quelque chose en wolof ? Je connais bien Awadi parce qu’il vient souvent à Montreal. Ça fait 2, 3 ans qu’on se côtoie et mes amis me parlent des jeunes rappeurs qui font le buzz.  Mon objectif est désormais d’être beaucoup plus présente ici. Cela passe par le fait de collaborer avec les locaux, de faire des concerts ici. Il y a beaucoup de compositeurs avec qui j’aimerais travailler.

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