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Ibrahima Ndoye a retrouvé la lumière médiatique. En 2012, il avait fait l’exercice quand il instruisait l’affaire Béthio Thioune alors qu’il dirigeait le Parquet de Thiès. Hier, il a fait face à la presse en tant que procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Saint-Louis. Cette fois-ci, il doit diligenter l’enquête sur la mort par balle de l’étudiant Fallou Sène mardi dont les conclusions seront connues d’ici la fin de la semaine.

«Notre devoir nous appelle à agir à l’endroit de ceux qui ont posé les actes mais aussi à l’endroit de ceux qui ont été à l’origine de cette situation. L’enquête a démarré le même jour et la gendarmerie procède à des auditions qui se poursuivent. Sur les causes du décès, j’ai ordonné à la
brigade territoriale à qui l’enquête a été confiée de saisir le médecin de l’hôpital régional de Saint-Louis qui, dans ses conclusions, a parlé d’une plaie causée par une arme à feu au niveau du bassin. La commission d’un médecin légiste de l’hôpital Le Dantec pour une autopsie a conclu la même chose en constatant par ailleurs l’existence d’une plaie pelvienne avec lésions viscérales, une rupture des vaisseaux héliaques gauches et une hémorragie abondante à la suite d’une blessure causée par une arme à feu. Ce qui s’est passé à l’Ugb est un drame national, qui n’honore personne. A la survenance de cet événement, ce qui devait être fait a été fait, à savoir la saisine des autorités judiciaires. Il est indéniable que Fallou Sène a été tué par une arme à feu. Pour l’instant, rien ne peut renseigner sur l’identité de la personne ou des personnes auteurs de la mort de l’étudiant. Les enquêteurs qui seront épaulés par un autre groupe d’enquêteurs venus en renfort mèneront l’enquête jusqu’à son terme. Une enquête dans laquelle tous les membres de l’escadron de gendarmerie, qui étaient en faction sur les lieux des affronte­ments soit une soixantaine de personnes y compris les blessés, seront entendus s’ils ne l’ont pas déjà été. Tous les actes seront posés et toutes les pistes de réflexion et d’action seront explorées pour rassembler le maximum d’éléments d’abord pour procéder à l’établissement matériel de l’infraction avant d’envisager les différentes implications qui permettront d’aller vers l’auteur du drame. L’enquête sera dirigée aussi bien
vers le ou les auteurs de la mort de Fallou Sène mais aussi vers ceux qui sont les auteurs des saccages au sein du campus universitaire et sur les édifices publics. L’enquête sera normalement bouclée en fin de semaine et qu’à cette date, si les éléments matériels permettant d’asseoir les différents faits qui pourraient recéler les différentes qualifications de la loi pénale caractéristiques d’incrimination qu’on pourraient retenir éventuellement contre les auteurs de tels faits et que tous ces faits permettent d’établir la nature ordinaire d’une telle infraction, le parquet de Saint-Louis retiendra sa compétence. Par contre à la fin de l’enquête, s’il est avéré que la ou les personnes incriminées sont membres de la gendarmerie, un corps militaire, les éléments d’enquête seront transmis au Tribunal hors classe de Dakar, seul compétent en la matière au niveau national.
L’appel que je veux lancer aux étudiants c’est que ce sont nos neveux, nos frères et que nous partageons leurs peines. Je partage leurs épreuves et leurs peines, nous vivons leurs souffrances et partageons leur douleur. Le soutien que je souhaite leur apporter c’est que tous les moyens sont en train d’être mis en œuvre pour que toutes les responsabilités soient situées. Les actes qui doivent être posés le seront en toute responsabilité.»
cndiongue@lequotidien.sn

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