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L’année 2018 commence plutôt bien pour le chanteur Mam J Rassoul. Son 2e opus solo, «Lettre du continent», est nominé aux Victoires du reggae dans la catégorie Meilleur album africain. Pour lui, sa nomination est déjà une victoire. Le concours se tient en France et les votes se poursuivent jusqu’en début février.

Etre nominé aux Victoires du reggae dans la catégorie du Meilleur album reggae africain : Un ancien «ndongo daara» ne pouvait pas rêver mieux. L’ar­tiste Mame J Rassoul en a conscience. En effet, son 2e opus solo, Lettre du continent, fait partie des 9 albums reggae africains nominés aux Victoires du reggae. Un concours qui se tient en France et qui entre dans le cadre de la promotion de ce genre musical dans le monde. Et lorsqu’on cherche à savoir le sentiment du lauréat, il ne mâche pas ses mots : «Une forte détermination, une source de motivation, une victoire déjà acquise», résume le reggae man.
Son produit a été sélectionné grâce à son originalité. C’est un album entièrement reggae roots, fait avec un mélange d’instruments africains comme la kora, le xalam, le balafon etc. «Dans chaque titre, il y a un instrument africain. On n’a pas essayé d’aller prendre les trucs jamaïcains pour chanter. On a pris notre propre musique. En plus, c’est un album qu’on a travaillé au Mali avec l’un des grands pionniers du reggae africain, Manjul. On l’a enregistré en live», explique-t-il au bout du fil. Selon Mamadou Diop, (son nom à l’état civil), plus de 25 personnes ont travaillé pour la réalisation de cette œuvre. Toutes choses qui font qu’il invite les Sénégalais à aller découvrir son joyau à travers internet. «Je demande aux Sénégalais d’aller savourer l’album, mais aussi de voter. Déjà, on a une victoire parce que le fait d’être nominé parmi les meilleurs albums reggae africains c’est une victoire pour nous», soutient Mam J.

«Allez voter pour le reggae sénégalais»
Il insiste : «Il faut que les Sénégalais aillent voter, car voter pour cet album, c’est voter pour le reggae sénégalais, pour la musique africaine en général.» En réalité, les votes pour les Victoires du reggae sont ouverts depuis le début de ce mois et se poursuivent jusqu’au 1er février prochain. Fan du reggae de la première heure, c’est-à-dire du reggae roots, Mamadou Diop, alias Mam J Rassoul,  a mis ses premiers pas dans la musique vers 1996 avec un crew dénommé Ndongo Yi. Lequel était uniquement composé de ses amis du collège. Bien qu’étant fan de reggae roots, ses débuts, il les aurait consacrés au hip-hop, au reggae, à une variété de musique en quelque sorte. Avec ses «potes», leur premier album a vu le jour en 2004 et puis quelque temps après, le groupe se sépare. Mais Mam J, lui, ne baissera pas les bras. «Moi, j’ai continué à faire ma carrière solo. Et en 2012, j’ai sorti mon premier album solo», se souvient celui qui dédie l’opus qui lui vaut aujourd’hui cette nomination à tous ses grands frères tels que Alpha Blondy, Bob Marley, Tiken Jah Fakoly.
«Au-delà du reggae, je fais du social de gauche à droite parce que chaque titre de cet album est un projet social», révèle-t-il. Natif de Nianing,  situé du côté de Mbour, M. Diop a choisi le reggae parce que «c’est une musique qui éveille les consciences». «Au-delà de la musique, il y a un message qui est là», dit-il. Se prononçant sur la musique la plus prisée des Sénégalais qu’est le mbalax, il affirme aussi : «Je pense que c’est une musique qui ne dénonce pas. Elle n’éduque pas aussi en général parce qu’on chante souvent les riches, tel est le fils de tel etc. Nous, on dit, on n’est pas là pour glorifier les gens, mais pour leur dire qui ils sont.» Mam J ajoute aussi que c’est ce message-là qui lui a fait faire du reggae. Revenant sur sa vie, il a confié qu’il a été un «ndongo daara» (enfant exilé dans un village lointain pour apprendre le Coran) pendant une dizaine d’années. «Je n’étais pas le ‘’ndongo’’ qui était dans la rue pour demander de l’aumône. Je veux juste dire aux Sénégalais que malgré qu’il y ait des mendiants dans les rues, il y a des marabouts qui se battent pour que leurs élèves n’aillent jamais dans la rue et moi j’en faisais partie», précise-t-il.
mfkebe@lequotidien.sn

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