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Il n’y a pas d’âge pour faire de la musique. A 44 ans, Lajoya vient de sortir son premier album qu’elle a conçu en moins de 2 mois. A la base, cette artiste pluridisciplinaire suivait son kiff en déclamant ses textes au «Vendredi slam» avant de gagner un concours. «Motema», sorti en juin dernier,  est un amour d’album qui marie tous les genres musicaux, avec un savant mélange de maturité et d’insouciance.

«Amour, merveille etc.» entre l’animateur Coco Jean et le musicien Youssoupha, il y avait une compétition de superlatifs pour qualifier l’album Motema de Lajoya. Sorti depuis le 11 juin dernier sur Ziksen et Musicbi, cet opus bercé par la critique est une invitation dans l’univers de l’auteur qui a commencé sa carrière musicale cette année, à l’âge de 44 ans.  Une séance d’écoute a été organisée samedi dernier. De cette rencontre, l’on retiendra que Motena est un mélange de genres. Du blues, du reggae, du gospel, Mauaya Jua, son nom à l’état civil, a ressassé le souvenir musical de son enfance. «Bien qu’âgée de 44 ans, en écoutant l’album, on se rend compte que l’enfant en elle n’est pas encore mort. C’est cette sincérité, cette absence de masque qui caractérise l’enfant qu’on retrouve dans ses mots», a affirmé Youssoupha, séduit par «le caractère authentique de l’auteure».
Artiste slameuse, poétesse, écrivaine et conteuse, Lajoya «est la dernière personne à ignorer son don pour le chant». En effet, ayant remporté «Slam pour Elles», un concours dénonçant la violence faite aux femmes au «Vendredi slam», elle ne fera qu’un mois et demi pour concevoir cet album. Au départ, elle était partie pour déclamer ses textes, mais l’ingénieur de son, séduit par sa voix, demande à Lajoya de chanter. Chose qu’elle accepta.
Du moment qu’elle peut s’amuser tout en faisant passer son message, le reste n’intéresse pas cette Congolaise qui vit au Sénégal depuis 15 ans. «Ce n’est pas un album qu’on peut qualifier. Je voulais juste m’amuser et créer avec le slam. Je touche à tout. Je n’ai pas envie de m’enfermer. Je veux qu’on entende de la kora et du tam-tam. C’est le battement de mon cœur africain qu’on retrouve», a-t-elle expliqué à Sarah Louyah, la présentatrice de «Kenkeliba», qui voulait savoir comment qualifier l’album.
Si sur le plan musical il est pratiquement impossible de loger Motema dans un genre spécifique, par contre sur le texte, l’exercice est un peu moins pénible. Motema est un album engagé. Et c’est le premier des 11 titres qui donne le ton. Philo­sophique est l’itinéraire d’un Noire qui a fait différentes régions du monde. Elle y décrit comment elle voit la vie et sa position (idéologique ?). Pour Youssoupha, c’est «une personne qui se présente par le groove». Sur le titre Talibés, c’est la responsabilité de la société qui est pointée du doigt. Du métissage culturel à l’importance de la transmission entre mère et fille, sans oublier la recherche d’élévation personnelle, Motema est un amour d’engagement. Et ce n’est nullement une question de langue. Pour en avoir le cœur net, on pourrait suivre Lajoya qui va se produire ce 13 juillet à la Cave du Jolof.

mgaye@lequotidien.sn

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