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Le taux de pénétration des mutuelles de santé dans la région de Dakar est encore en deçà des objectifs fixés. Il est évalué à seulement 18%. Un chiffre rendu public par le chef du service régional de la Couverture maladie universelle (Cmu) de Dakar, Rokhaya Badiane, lors du Comité départemental de suivi de la mise en œuvre du programme de la Cmu, présidé par le préfet de Dakar, Alioune Badara Samb. Par rapport à 2017, ce taux a connu une hausse, passant de 5% à 18% en 2018. Mais en termes d’adhésion, «nous constatons que le nombre est encore faible», souligne le préfet de Dakar. Prenant l’exemple de la Cmu-élèves, seuls 1 955 élèves sont enrôlés à ce jour et cela, indique-t-il, sur une population de 216 mille élèves. Un autre exemple, les détenteurs de la carte d’égalité des chances et les bénéficiaires de la bourse sociale enrôlés de facto sur instruction du président de la République et pris en charge par l’Etat. «Il n’est pas normal que ces gens-là puissent être perdus. C’est inacceptable parce que l’enrôlement est automatique avec une prise en charge de l’Etat», note l’autorité administrative du département de Dakar.
Le préfet de Dakar a également souligné l’implication encore timide des collectivités locales dans la mise en œuvre de la Cmu. Or, la santé est une compétence transférée qui est expressément édictée par le Code général des collectivités locales. Malheu­reusement, indique-t-il, «la nomenclature budgétaire ne prévoit de manière express la notion de Couverture maladie universelle». Souvent, fait-il savoir, les collectivités locales inscrivent le montant budgétisé dans la rubrique «Participations diverses». «Et cette rubrique est un fourre-tout, elles y mettent ce qu’elles veulent très souvent», soutient Alioune Badara Samb qui invite les maires à plus d’implication. Pour lui, dans un pays, après la sécurité sur l’échelle des priorités vient la santé. «Un pays où la population ne peut pas se soigner ne peut pas espérer résoudre les défis de son développement», fait-il remarquer.
Autre difficulté soulevée, les structures de santé qui refusent d’effectuer les initiatives de gratuité. «C’est un constat qu’on a pu faire sur le terrain. Il y a certaines initiatives de gratuité qui ne sont pas effectives dans certaines structures de soins», précise le chef de service régional de la Cmu de Dakar. Un plan d’actions a été élaboré à cet effet. Des descentes sur le terrain sont prévues pour discuter avec les acteurs, les prestataires de soins sur la nécessité de collaborer et de respecter les orientations de la Couverture maladie universelle. A ce titre, des structures évoquent le retard de remboursement comme principale raison de la non-effectivité des initiatives de gratuité. Mais d’après Rokhaya Badiane, «il n’y aura plus de retard de remboursement». Mieux, annonce-t-elle, l’Etat a déjà versé une partie des remboursements aux structures sanitaires. Une bouffée d’oxygène qui va permettre à ces établissements de fonctionner sans risque de voir leurs activités plombées.
ndieng@lequotidien.sn

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