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Selon Adama Ouane, l’administrateur général de l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif), tout est en place pour que les Etats membres de la Francophonie introduisent les langues nationales dans les enseignements-apprentissages. Malgré tout, a-t-il expliqué lors d’une rencontre à Dakar, «des Etats continuent de traîner les pieds et observent la prudence». «Les pays ont capitalisé beaucoup d’expériences dans ce domaine. Il y a aussi le fait que des partenaires soient prêts à ac­com­pagner cette initiative», a dit Adama Ouane, pour qui, il faut passer à l’échelle de l’apprentissage.

L’enseignement des langues nationales est devenu une nécessité dans l’espace francophone. C’est l’avis d’Adama Ouane, administrateur général de l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif) en séjour à Dakar. Pour lui, la normalité c’est le bilinguisme. Et, l’introduction des langues nationales n’est en fait qu’une reconnaissance de la diversité culturelle, politique au sein de l’espace Francophonie. Il est temps, estime-t-il, que les Etats-parties capitalisent les différentes expériences de l’enseignement des langues nationales glanées çà et là et passent à l’échelle nationale. Poursuivant son propos lors d’un petit-déjeuner de presse, il ajoute que les pays ont actuellement suffisamment de garanties et d’assurances pour  généraliser l’apprentissage des langues nationales dans l’éducation formelle. «Les partenaires comme la Banque mondiale sont prêts à accompagner les Etats, il y a aussi Ifadem qui aide à la formation des maîtres», annonce Adama Ouane.  A ce propos, l’administrateur général de l’Oif soutient que 15 mille enseignants ont déjà été formés et l’objectif, selon lui, est d’en former 100 mille.
Tout est donc en place pour accompagner les pays membres. Toutefois, l’administrateur de la Francophonie explique que le problème, est que beaucoup de pays continuent à traîner les pieds. «Ils sont dans des réflexes de prudence en disant : «Oui, ce sont les parents qui n’adhèrent pas à cette idée». Mais on a vu qu’avec la visite de l’école bilingue, située à Diamniadio dans le cadre du programme Ecole et langues nationales en Afrique (Elan), nous nous sommes rendus compte de l’enthousiasmes des parents», témoigne M. Ouane qui note un très grand dynamisme des élèves, des enseignants et du personnel administratif. Des parents ont relevé une évolution incroyable de leurs enfants dans certaines matières comme l’écriture et la lecture, soutient à son tour Emile Tanawa, directeur de l’Institut de formation et de l’éducation de la Francophonie (Ifef).

Beaucoup : de pays traînent encore les pieds
La Francophonie se dit prête à appuyer les Etats-parties dans le développement de l’éducation. D’autant plus que l’institution est présente dans l’Agenda mondial  de l’éducation. En témoigne le slogan de la secrétaire générale de l’Oif, Michaël Jean : «L’éducation, une arme de construction massive». Pour elle, l’éducation des jeunes doit être perçue comme une arme pouvant faire face aux grands défis du moment. Et c’est dans ce cadre que l’Oif a ouvert un Institut de formation et de l’éducation (Ifef) à Dakar. Ce centre est une émanation du sommet de Dakar, un institut situé aux Almadies et qui projette une ouverture complète en juillet-aout 2017. Cette rencontre avec la presse a été aussi l’occasion pour la délégation de l’Oif, en prélude à la journée internationale de la Francophonie, célébrée ce lundi, de faire un tour d’horizon des différents programmes et projets de cette institution.
Adama Ouane soutient en ce sens que l’institution s’est engagée à lutter contre le chômage des jeunes. Une enveloppe de 80 millions d’euros a été mise en place pour susciter l’esprit d’entreprenariat, notamment chez les jeunes et les femmes dans les domaines porteurs comme les filières agricoles. L’institution réfléchit aussi sur le fléau du terrorisme. Elle fait la promotion du «vivre ensemble». Elle mène également des actions en partenariat avec les Etats pour donner aux jeunes plus de perspectives et d’espoir  et du coup réduire la migration irrégulière qui constitue un défi dans l’espace. La journée internationale de la Francophonie est célébrée ce lundi 20 mars. «Ce sera une grande fête», promet Adama Ouane sous le thème : «J’aime, je partage». Une visite de la secrétaire générale de l’Oif est prévue en Côte d’Ivoire et dans chacun des 84 Etats membres de l’organisation. Il y aura des manifestations pour marquer l’évènement, annonce-t-on.
ndieng@lequotidien.sn

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