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Au 20e jour du procès de Khalifa Sall et ses collaborateurs, les avocats de la défense ont poursuivi leurs plaidoiries hier. Selon Me Doudou Ndoye, il revient au gérant de la caisse d’apporter des justifications, mais pas au maire. «Le gé­rant de cette caisse d’avance devra justifier. Ce n’est pas à Khalifa Sall de le faire. Les textes ne disent pas que Khalifa Sall devra justifier. Lorsque la loi dit que c’est Mbaye Touré, c’est Mbaye Touré. C’est la loi et vous ne pouvez pas aller au-delà de ce qu’exige la loi», a-t-il fait savoir. Khalifa Sall, poursuit-il, n’a pas participé au processus d’élaboration des factures du Gie Tabar qui «ne concernent que Yaya Bodian». A propos des Pv visés à la mairie, Me Ndoye rappelle qu’il y a une commission de réception composée de Ibrahima Yatma Dia, Mbaye Touré et Amadou Mactar Diop. Et selon lui, le visa n’est qu’une «formalité formelle qui atteste qu’on a vu le dossier».

«Pas de pièces originales dans le dossier, que des copies»
Toutefois, Me Doudou Ndoye a tenu à préciser qu’il n’est dans aucun conflit d’intérêts et ne charge non plus personne. D’ailleurs, il a demandé au juge de relaxer Mbaye Touré et les autres au cas où il relaxerait les percepteurs Ibra­hima Touré et Mamadou Omar Bocoum. «Tout le monde est égal devant la loi», dit-il en déplorant «l’absence» d’éléments matériels, comptables et juridiques. «Nous n’avons pas de dossier. Complétez votre dossier qui n’existe pas ! Il n’y a que des théories. L’avocat est là aujourd’hui, demain de l’autre côté. Il n’y a pas de pièces originales dans le dossier, il n’y a que des photocopies», s’offusque-t-il.
Parlant de l’article 5 de l’Uemoa, Me Borso Pouye trouve que le Parquet a tout faux en soutenant devant le Tribunal qu’il a fait un fac-transmis pour enquête. «Moi, je dis qu’il en est autrement. Ils ont été envoyés auprès de la Bag (Brigade des affaires générales) pour enquête. Et l’article 5 de l’Uemoa est formel. C’est une nullité imparable. Et le procureur, dans ses développements, ne manque pas de le relever. Dans ces développements, lui-même a eu à se trahir en parlant d’enquête», a-t-elle souligné. L’avocate n’a pas manqué de relever «l’irrecevabilité» de la constitution de partie civile de l’Etat. «Il faut relever que ce procès a commencé en janvier 2013, mais l’agent judiciaire aura attendu jusqu’au 7 février, c’est-à-dire après qu’on a eu à plaider les exceptions de nullité, pour produire des pièces de la Senelec attestant qu’elle doit être dans ce procès», fait-elle remarquer. Me Pouye d’ajouter : «Ce sont des preuves fabriquées qui ne prouvent en rien que l’Etat doit être dans ce procès. Le plus cocasse, c’est le délit de blanchiment reproché aux prévenus. Ce délit n’est connu que dans le milieu de la mafia. On ne peut pas passer par-là pour demander au Tribunal d’entrer en voie de condamnation.»
Dans sa réplique, l’Agent judiciaire de l’Etat a renouvelé ses demandes formulées lors de sa plaidoirie en soulignant que l’Etat a été invité dans le procès par les avocats de la défense et leur préjudice porte sur les ristournes.
justin@lequotidien.sn

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