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«L’accélération de la mise en œuvre des initiatives prises pour la protection des enfants talibés», c’est l’une des recommandations faites par l’Unicef à l’occasion de la Journée nationale du talibé, célébrée hier.  Selon le Fonds des Nations unies pour l’enfance, aussi bien l’Etat que les citoyens, chacun a un rôle à jouer pour «le retrait définitif des enfants de la rue et leur réinsertion dans leur famille».

La journée du 20 avril, dédiée aux talibés, est une occasion de rappeler la maltraitance subie par ces enfants. Cette année encore l’Unicef n’a pas dérogé à la règle. Profitant de la célébration de cette journée, le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) a appelé le gouvernement à faire «des actions d’envergure pour la protection des enfants évoluant dans la rue». Dans un document rendu public, cet organe des Nations unies a rappelé «la décision historique prise par président de la République du Sénégal, en Conseil des ministres, le 22 juin 2016, de retirer tous les enfants de la rue, saluée et considérée par la communauté nationale et internationale comme l’espoir de voir tous les enfants réhabilités et leur dignité restaurée». De même, l’Unicef souligne que «le gouvernement du Sénégal, après plusieurs années de réflexions et de consultations, a également produit un avant-projet de loi portant statut des daaras pour assainir et améliorer la qualité des services d’éducation offerts et protéger les enfants talibés de la maltraitance, des abus, et de l’exploitation à travers la mendicité». Deux initiatives qui, selon cet organe, «illustrent la volonté de l’Etat du Sénégal à prendre des mesures nécessaires pour réaliser les droits de l’enfant, conformément aux engagements pris à travers la ratification de la Convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant et la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant». Constatant ainsi des lenteurs dans l’effectivité de ces initiatives, l’Unicef appelle à l’accélération de leur mise en œuvre «pour la protection des enfants talibés, le retrait définitif des enfants de la rue et leur réinsertion dans leur famille».
Dans son message à l’occasion de cette journée, le Fonds des Nations unies pour l’enfance a aussi lancé un appel à tous les citoyens. Il est ainsi demandé à chacun de «s’interroger sur le sort tragique des milliers d’enfants talibés, errant de jour comme de nuit dans les rues de Dakar et des grandes villes du pays, forcés à la mendicité et exposés aux abus et à la violence». Pour l’Unicef, chacun d’entre nous est responsable et a un rôle à jouer «pour mettre fin à cette situation». «A l’Etat de prendre des mesures de prévention sur le long terme, de donner les ressources nécessaires pour l’assistance aux victimes et la répression contre les auteurs. Aux chefs traditionnels et religieux de prévenir et condamner les abus, aux citoyens de signaler et d’accompagner, aux travailleurs sociaux de secourir et réhabiliter, aux personnels judiciaires d’enquêter et de sanctionner», a-t-on recommandé. Selon cet organe des Nations unies chargée de l’enfance, «la rue ne sera jamais la place pour assurer à l’enfant les soins, l’éducation et la protection qui lui sont nécessaires pour grandir et développer tout son potentiel en tant qu’être humain». Et l’Unicef de rappeler encore : «Les enfants talibés, autant que tous les autres enfants vivant au Sénégal, doivent jouir sans exception et de manière continue des mêmes droits fondamentaux, tels que reconnus par l’Etat du Sénégal en ratifiant les Conventions internationales et traduits dans le droit positif sénégalais.»
dkane@lequotidien.sn

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