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Le niveau de la protection sociale est encore faible dans le monde. C’est ce qu’a révélé le dernier rapport de l’Organisation internationale du travail (Oit). Dans un document, elle informe que 4 milliards d’êtres humains, soit 55% de la population mondiale, sont sans protection. Pour inverser cette tendance et atteindre les Objectifs de développement durable (Odd), cette organisation recommande aux pays de fournir plus d’efforts.

«Malgré d’importants progrès dans l’extension de la protection sociale dans de nombreuses régions du monde, le droit humain à la sécurité sociale n’est pas encore une réalité pour la majeure partie de la population mondiale.» C’est le constat fait par l’Organisation internationale du travail (Oit) dans son dernier rapport sur la protection sociale. Dans ce document intitulé «Protection sociale universelle pour atteindre les Objectifs de développement durable (Odd)», l’Oit informe que «seuls 45% de la population mondiale sont effectivement couverts par au moins une prestation de protection sociale, laissant 55%, soit 4 milliards d’êtres humains, sans protection». Les auteurs de ce rapport informent que «les estimations du Bit montrent également que seulement 29% de la population mondiale sont couverts par des systèmes complets de sécurité sociale». Ceux-ci comprennent «une gamme complète de prestations, allant des allocations familiales aux pensions de vieillesse». Mais on note qu’une grande majorité, «71%, soit 5,2 milliards de personnes, n’est que partiellement, voire pas du tout, protégée». S’agissant de la protection sociale des enfants, on renseigne que «seuls 35% dans le monde ont véritablement accès à une protection sociale, même si les chiffres varient considérablement d’une région à l’autre». «Près 2/3 des enfants, soit 1,3 milliard, ne sont pas couverts. La plupart d’entre eux vivent en Afrique ou en Asie», a-t-on fait savoir. De même, on souligne qu’en moyenne, «1,1% du Pib est alloué aux prestations à l’enfance et aux familles pour les enfants de 0 à 14 ans. Ce qui révèle un manque d’investissement notable en faveur des enfants et affecte non seulement leur bien-être global et leur épanouissement sur le long terme, mais aussi le développement économique et social futur du pays dans lequel ils vivent».

Sous-investissement notable dans la protection sociale en Afrique
Expliquant les lacunes notées en matière de couverture, les experts de l’Oit soutiennent qu’elles sont «liées à un sous-investissement notable dans la protection sociale, notamment en Afrique, en Asie et dans les Etats arabes». Selon eux, «l’absence de protection sociale expose la population à la pauvreté, aux inégalités et à l’exclusion sociale tout au long du cycle de vie et constitue donc un obstacle majeur au développement économique et social». C’est, d’après eux, toute la pertinence des Odd qui «préconisent la protection sociale universelle». Dans le document, on souligne que «les pays ont notamment la responsabilité de garantir à tous au minimum un niveau élémentaire de sécurité sociale, un socle de protection sociale, dans le cadre de leur système de protection sociale». Pour l’Oit, «si de nombreux pays ont déjà atteint une protection universelle, il convient d’intensifier les efforts pour étendre la couverture et garantir des prestations adéquates». D’ailleurs, il est souligné dans le rapport que la «protection sociale des enfants, les transferts en faveur des enfants et des familles, en espèces ou en nature, sont essentiels à la réalisation des droits des enfants», car «ils leur évitent de sombrer dans la pauvreté, préviennent la mortalité infantile, contribuent à leur développement harmonieux et à leur bien-être, améliorent leur accès aux biens et services essentiels et réduisent leur travail», a-t-on ajouté.

Extension de la couverture sociale
Attirant l’attention des gouvernants sur la nécessité d’étendre la protection sociale pour couvrir une bonne partie de la population, l’Oit rappelle qu’il «est essentiel d’étendre la couverture de la protection sociale aux acteurs de l’économie informelle et de faciliter leur transition vers l’économie formelle afin de promouvoir le travail décent et de prévenir la pauvreté». «L’extension de la couverture sociale peut se faire de multiples façons, mais la plus courante combine des régimes contributifs et non contributifs», a-t-on fait savoir. Il est aussi souligné que «la mise en œuvre de systèmes de protection sociale inclusifs passe également par leur adaptation pour répondre aux problèmes de transition démographique, de l’évolution du monde du travail, de la migration, de contextes fragiles et d’environnement». Dans le rapport, on attire également l’attention sur le fait que «l’austérité à court terme ou les mesures d’assainissement budgétaire menacent le développement à long terme». Selon les auteurs du rapport, «les réformes ont souvent un objectif budgétaire de réduction des coûts, ignorant les conséquences sociales négatives en matière de couverture et d’adéquation des prestations et mettant ainsi en péril les progrès vers la réalisation des Odd». Face à cette situation, ils soulignent qu’il «convient de redoubler d’efforts pour éviter que les politiques d’assainissement budgétaire déstabilisent les importantes avancées enregistrées jusqu’à présent». D’après eux, «même les pays les plus pauvres disposent d’une certaine marge de manœuvre budgétaire». «Un grand nombre de solutions existent pour générer des ressources pour la protection sociale. Les pays doivent impérativement se mobiliser davantage pour rechercher toutes les possibilités de financement en vue d’atteindre les Odd et d’accroître leur développement national en favorisant les emplois décents et la protection sociale», a-t-on recommandé.
dkane@lequotidien.sn

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