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L’audition de Khalifa Ababacar Sall, qui était prévue hier à 17 heures à l’Assemblée nationale, n’a finalement pas eu lieu. Les avocats du maire de Dakar, qui attendaient Aymérou Gningue et ses collègues de la Commission ad hoc, chargée d’examiner la levée de l’immunité parlementaire du député à la prison de Rebeuss, n’ont pas vu leur ombre.

L’audition de Khalifa Sall à l’Assemblée nationale hier, par la Commission ad hoc chargée d’examiner la demande de levée de son immunité parlementaire, était très attendue. Finalement, elle n’a pas eu lieu comme prévu. Le maire de Dakar ne s’est pas rendu à l’Hémicycle. Et Aymérou Gningue et ses collègues n’ont pas non plus effectué le déplacement à la prison de Rebeuss pour entendre le député-maire. Mem­bre du pool d’avocats assurant la défense du secrétaire à la vie politique du Parti socialiste, Me El Mamadou Ndiaye a fait le point sur l’absence de la commission à la citadelle du silence. Il dit : «A 17 heures, le maire nous a appelés pour s’entretenir avec nous en attendant l’arrivée de la commission. Malheureusement de 17 à 18 heures passées, la commission ne s’est pas déplacée. Aujourd’hui, ce qu’il y a lieu de constater c’est qu’effectivement la commission qui devait se déplacer n’a pas eu à effectuer ce déplacement.»
D’ailleurs, beaucoup se de­man­daient si Khalifa Sall était dans les dispositions pour répondre aux interrogations de la commission. Pour Me Ndiaye, aujourd’hui, l’événement, c’est l’absence de Aymérou Gningue et Compagnie à Rebeuss. Il déclare : «La convocation, c’était à 17 heures, on est restés jusqu’à 18 heures passées, la commission ne s’était pas déplacée et on est partis. Je pense qu’on ne va pas l’entendre la nuit comme la convocation est arrivée après 21 heures. Aujourd’hui, je pense que la commission ne va pas entendre Khalifa Ababacar Sall à minuit.» Et la robe noire de poursuivre sa plaidoirie hors prétoire : «On ne peut pas s’avancer là-dessus. L’essentiel, ce que c’est la commission qui doit se déplacer pour constater le comportement que Khalifa Ababacar Sall va adopter. Mais tant que la commission ne se déplace pas, on ne peut pas dire que Khalifa est dans les dispositions ou pas d’être entendu.»
La manifestation des partisans du maire de Dakar, tenue devant la prison, a été dispersée à coup de grenades lacrymogènes. La police a procédé à des arrestations. La veille, l’un des conseils de Khalifa Sall, en l’occurrence Me Khouraichi Ba, avait donné le ton sur les ondes de la Rfm. Il disait : «Monsieur Khalifa Sall est présentement dans les liens de la détention. Il n’est donc pas libre de ses mouvements et n’a pas le droit de répondre à la convocation d’une personne autre que le juge.» Et de renchérir : «En application de l’article 51 de la loi organique portant Règlement intérieur de l’Assem­blée nationale, il bénéficie d’une immunité, ce que vous reconnaissez au demeurant par le fait même que vous instruisez une demande de levée de l’immunité parlementaire. Or, un député dont la levée de l’immunité parlementaire est demandée doit nécessairement comparaître libre devant la Com­mission ad hoc, car le fait d’être en état de détention constitue d’ores et déjà une privation déjà effective de l’immunité et rend, sans objet, et même paradoxale, la demande de levée de l’immunité.»
msakine@lequotidien.sn

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