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En brassards rouges hier, les travailleurs de la pêche et de l’aquaculture ont alerté à travers un point de presse l’opinion nationale et internationale sur leur situation délétère. L’Inter­syndicale des travailleurs de la pêche et de l’aquaculture du Sénégal (Itrapas) dénonce les maux qui gangrènent leur secteur, notamment la valorisation des salaires, l’intégration des contractuels dans la Fonction publique, la création du statut des observateurs. A en croire Abdoulaye Roger Dieng, les travailleurs de la pêche sont les plus mal payés au Sénégal. D’après le secrétaire général de l’Itrapas, l’Etat doit de l’argent aux observateurs retraités qui peinent à entrer dans leurs fonds.
Abdoulaye Roger Dieng, par ailleurs chef de poste de contrôle des pêches de Fass-Boye, ne comprend pas que l’Etat qui investit des millions dans la formation des jeunes laisse ces derniers en rade au lieu de les recruter dans la Fonction publique. Avant de rencontrer la presse hier, l’Itrapas a d’abord saisi le ministre de la Pêche et de l’économie maritime et celui de la Fonction publique, mais sans aucune satisfaction. «Nous nous sommes rendu compte que nos doléances ne sont pas prises au sérieux», s’est désolé le leader de l’Itrapas ; d’où la nécessité pour ces travailleurs de passer à la vitesse supérieure. «On ne peut plus attendre. Si rien n’est fait dans les prochains jours, nous allons en grève et bloquer le système. Il n’y aura plus d’exportation», menace M. Dieng. Un mouvement de grève qui ne va pas arranger les Sénégalais en cette veille de Ramadan où le poisson déserte les marchés et le panier de la ménagère. «Les Sénégalais vont bénéficier du thiof qui est exporté tout le temps», raille le Sg de l’Itrapas.
Pour l’économie du pays, le manque à gagner si les exportations sont bloquées sera énorme. Elles sont estimées à 240 milliards de francs Cfa l’année passée, à raison de 657 millions par jour. L’Etat doit aux observateurs, selon Mamadou Lamine Diop, 2 milliards 040 millions de francs Cfa, soit 72 millions par mois pour la valorisation des salaires. «Si nous partons en grève, l’Etat va perdre 650 millions par jour», renseigne le chargé de communication de l’Itrapas qui compte paralyser le secteur pendant quatre jours. Ce qui fera plus que les 2 milliards 040 millions qu’il réclame à l’Etat. «Le cumul de ce que nous réclamons dans l’année c’est moins de 900 millions, alors que nous faisons rentrer environ 650 millions par jour», a expliqué Mamadou Lamine Diop, chargé de communication de l’Itrapas. Les agents de la pêche appellent par ailleurs à l’application du nouveau Code de la pêche.
ksonko@lequotidien.sn

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