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Fermé depuis le 15 juillet 2017, le stade Demba Diop n’est toujours pas ré-ouvert et le ministère des Sports semble entretenir le flou par rapport à une échéance précise. Une situation qui indispose terriblement employés et commerçants de ce stade mythique.

Les jours se suivent et se ressemblent au stade Demba Diop et ses alentours. On scrute l’horizon à longueur de journées, dans l’espoir de revivre les grands moments sportifs à travers ce stade mythi­que. Les jours de semaine sont identiques aux week-ends. Pas une seule âme qui vive dans les gradins ou encore sur le parking du temple du ballon rond qui porte le nom d’un ancien député mbourois.
Depuis la fermeture du stade le 15 juillet dernier, suite aux incidents de la finale de la Coupe de la Ligue opposant l’Us Ouakam au Stade de Mbour et marqués par la mort de 8 supporters mbourois, Demba Diop a arrêté de vivre. Une page sombre de l’histoire du football sénégalais venait de s’ouvrir. La vie de plusieurs familles reste ainsi suspendue à la volonté politique. Car suite aux incidents, les autorités ont été contraintes de fermer le stade et d’annuler toutes les activités sportives durant cette période. Avec comme première conséquence, le report du combat de lutte avec frappe qui devait opposer Modou Lô à Lac de Guiers 2, le lendemain.
«C’est très difficile les moments que nous vivons ici. De juillet à aujourd’hui, on ne fait rien. Tous les jours, on espère la réouverture du stade. Malheureusement, le constat est toujours le même. Donc, on attend dans le désarroi l’espoir de renouer avec ces grands moments de football, de lutte ou encore de spectacles», se désole un employé, soulignant que les gens viennent malgré eux au stade. «On ne peut pas rester chez nous. C’est notre lieu de travail. Nous sommes quand même une dizaine d’employés à venir tous les jours. Si cela ne dépendait que de nous, le stade allait rouvrir à nouveau ses portes», renchérit notre interlocuteur.
Pour coller à leur passion, les seuls moments de réconfort surviennent durant les programmations du stadium Marius Ndiaye avec le basket ou encore les événements religieux.
Le temple du basket, épargné par la fermeture, apporte par moments un petit espoir de vie, lors des journées de championnat de la balle orange. Moment que choisissent certains pour se frotter au maigre public, histoire de ne pas se faire oublier. «Nous ne sommes pas concernés par ce qui se passent à Marius Ndiaye. Mais, il arrive qu’on soit là pour accompagner ou aider lorsqu’on est interpellés. Sinon, on vient juste pour assister à la manifestation comme le public et c’est tout. On ne peut intervenir comme c’est le cas à Demba Diop qui reste notre fief», souligne cette commerçante qui déplore le manque de gain suite à la fermeture du stade.

Le manque à gagner des commerçants
L’attente commence à être longue par rapport à ces activités commerciales. Demba Diop attend toujours de recevoir ses visiteurs. Au grand désarroi des employés et autres commerçants. Car au-delà des employés, le commerce vit au ralenti. Pour ne pas dire qu’il est mort. Les cantines installées à l’intérieur du stade ne fonctionnent quasiment pas. Un manque à gagner énorme pour ces derniers qui refusaient du monde, chaque week-end. «On ne peut pas vous dire ce que cela nous coûte de rester des mois sans rien faire. Le public du basket n’est pas le même que celui du football ou encore de la lutte. Il y a des journées de championnat de basket où on peut venir au stade sans même se rendre compte qu’il y a championnat. C’est seulement lors des finales qu’on peut espérer du monde. Et là encore, ce n’est pas la même chose que le football», raconte une des commerçantes.

A quand l’ouverture de Demba Diop ?
En tout cas l’inquiétude a fini de s’installer au niveau des occupants du stade. Après plusieurs promesses des autorités, le stade Demba Diop n’a toujours pas ouvert ses portes. Près de 9 mois après les incidents, aucune décision allant dans ce sens n’a encore été prise. Et pis, selon certaines sources proches du ministère des Sports, ce n’est pas demain la veille. «C’est une question très délicate, l’ouverture du stade Demba Diop. Les autorités ne veulent pas prendre le risque de rouvrir le stade alors qu’il nécessite un vrai toilettage», informe une source proche de la tutelle. Avant de préciser : «La volonté de l’Etat est de tout raser et de reconstruire un nouveau stade moderne. Mais cela demande des moyens et pour le moment, l’Etat n’a pas ces moyens.»
Contraint par l’obligation de réserve, les employés du stade Demba Diop dont la plupart sont des bénévoles, regrettent de ne pouvoir crier sur tous les toits leur souffrance. «C’est vraiment très difficile pour nous. On reste ici toute la journée sans rien faire. Les autres Ligues travaillent. Ce qui n’est pas notre cas», peste autre employé du stade qui dénonce le manque de réaction des autorités. «On ne peut pas continuer comme ça. Malheureusement, notre situation ne nous permet pas de faire ouvertement des sorties dans la presse.»
En attendant, les employés et autres commerçants continuent de vivre leur calvaire dans l’espoir de voir un jour Demba Diop ouvrir ses portes. Un cri de désespoir adressé au ministère des Sports. Reste à savoir si cet appel sera entendu…
wdiallo@lequotidien.sn

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