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L’Intersyndicale des travailleurs de l’hôpital Youssou Mbargane Diop se plaint que le diagnostic fait par Abdoulaye Diouf Sarr, lors de sa visite sur leur lieu de travail la semaine dernière, ne porte que sur «des détails». C’est sur le terrain des vrais défis parmi lesquels la faiblesse de la subvention de l’Etat ainsi que le manque de ressources humaines qualifiées que ces travailleurs disent attendre le nouveau ministre de la Santé et de l’action sociale.

Recouvrement de la dette de la Couverture maladie universelle (Cmu), renforcement des ressources humaines et accompagnement financier adéquat : C’est sur ces points que l’Intersyndicale des travailleurs de l’hôpital Youssou Mbargane Diop attend le nouveau ministre de la Santé Abdoulaye Diouf Sarr, mais non sur «des détails». «Nous ne sommes pas contents du comportement du ministre parce qu’il devait faire un diagnostic des problèmes auxquels est confronté l’hôpital et essayer de trouver avec les équipes en place des solutions, mais pas venir simplement pour critiquer. En cinq minutes, comment peut-on faire un diagnostic sérieux de la situation ?», a déploré jeudi Amadou Diop, président de l’intersyndicale lors d’une rencontre avec la presse. «Lors de sa visite nocturne inopinée la semaine dernière, le ministre a qualifié l’hôpital de mouroir, déploré le niveau de délabrement des bâtiments et demandé à ce que les cantines à la devanture de l’hôpital soient toutes dégagées», a égrené M. Diop, faisant ainsi la synthèse de la visite éclair la semaine dernière du successeur de Eva Marie Coll Seck. «Une venue d’un ministre, nous ne pouvons que nous en réjouir. Son prédécesseur est venu deux fois à l’hôpital», a-t-il expliqué tout en précisant que les tares soulevées par Abdoulaye Diouf Sarr sont «la conséquence d’un manque de moyens auquel le ministre doit apporter des solutions». «La Cmu nous doit 140 millions que nous tardons à empocher. La dotation de l’Etat est de 80 millions, alors que d’autres structures qui reçoivent moins de patients en encaissent de l’Etat 300 millions, 400 millions ou plus encore. Les collectivité locales ne nous donnent rien, même pas un lit», a pesté le président de l’intersyndicale.
A côté de ses moyens financiers, M. Diop a évoqué le manque de ressources humaines à combler, car le département ne dispose que «d’un seul médecin pédiatre et d’un seul chirurgien».  «Ça, se sont les vrais problèmes à débattre si on veut faire prospérer l’hôpital et non de se focaliser sur des dé­tails», a-t-il assuré voyant en filigrane dans cette démarche une volonté de l’autorité de vouloir opérer un changement à la tête de la structure sani­taire. «De­puis sa prise de fonction, le ministre opère des changements à la tête de certaines structures de santé. C’est le cas à Albert Royer et à Abass Ndao. Sa sortie à Youssou Mbargane c’est com­me pour vouloir dire à l’opinion qu’à Youssou Mbargane le directeur ne travaille pas donc il faut le changer», a-t-il analysé y allant de son alerte. «Depuis deux ans, l’hôpital connaît une stabilité incarnée par l’actuel directeur. Rien ne peut se bâtir sans un climat social apaisé et le directeur a réussi à installer une stabilité depuis son arrivée. Tout ce que nous demandons, c’est que l’Etat nous accompagne et rien d’autre», a-t-il exhorté.
abndiaye@lequotidien.sn

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