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L’avènement des Maisons de justice a permis de désengorger les tribunaux sénégalais. A Tambacounda, les populations se réfèrent à elles pour arbitrer certains litiges.

Le ministre de la Justice, Sidiki Kaba, et l’ambassadeur de la France au Sénégal, Christophe Bigot, ont ouvert les portes de la Maison de justice de Tamba­counda. C’était une occasion pour permettre au garde des Sceaux de remercier la France qui a consenti des efforts pour participer au fonctionnement des 11 Maisons de justice sur les 18 qui existent au Sénégal, no­tam­ment dans la «capacitation» des  acteurs. «La France a ap­puyé en divers matériels (informatiques, roulants, mobiliers entre autres,) les Maisons de justice du Sénégal. Tout cela entre dans le cadre du renforcement  de ces institutions pour un meilleur fonctionnement de ces maisons. Il y a eu des sessions de formation des coordonnateurs, des médiateurs et autres personnels exerçant dans les maisons de justice», détaille Me Kaba.
En tout cas, il a insisté sur l’importance de ces Maisons de justice qui «participent à régler les petits litiges comme les conflits de voisinage, contrats de travail, de divorce, petites créances, etc. Il y a eu un taux de satisfaction de plus de 85% dans les différents dossiers enregistrés et avec à la clé plusieurs dizaines de millions F Cfa de créances recouvrées dans ces structures, s’enorgueillit le ministre. Et cela est bon, car ça permet de régler les problèmes sans passer par la case de l’avocat ou dans les tribunaux qui sont chers et prennent souvent beaucoup de temps» ; d’où d’ailleurs les félicitations adressées aux différents coordonnateurs des différentes Maisons de justice qui, dit-il, ont abattu un énorme travail avec des résultats très positifs. «Et cela participe à l’accessibilité de la justice pour les citoyens», insiste Me Kaba.

11 Maisons de justice sur les 18 appuyées par la France
Par ailleurs, l’ambassadeur de la France qui se réjouit du fonctionnement du Programme de modernisation de la justice sénégalaise (Mojusen) espère une sédimentation de ces institutions. Il dit : «Ces Maisons de justice sont très importantes pour les populations quand on sait qu’elles contribuent à l’accessibilité de la justice aux citoyens. Elles permettent à ce que les questions de petit voisinage (les divorces, les successions) soient traitées au niveau des tribunaux. C’est une belle initiative et nous sommes fiers, nous Français, d’y être associés. Elles permettent de rendre la justice simple, gratuite et accessible.» Le partenariat entre la France et le Sénégal pour pérenniser ces projets va se «poursuivre pour que les Maisons de justice continuent d’être utiles aux populations et à l’Etat».
Aujourd’hui, ces tribunaux de proximité font partie des habitudes des Tambacoundois. Le coor­­donnateur de la Maison de justice de cette ville, Saloum Oualy, estime que le nombre de personnes informées et con­seillées culmine à 6 770. «Toutes ces personnes ont eu à bénéficier de l’appui et du conseil de la maison, explique le coordonnateur. Sur le nombre de dossiers enregistrés, la maison est à quelque 4 mille de tous genres. Et on a vidé la presque totalité.» En plus, après 5 ans d’exercice, elle a permis d’arbitrer le recouvrement de 139 millions de F Cfa. «Et tout cela, ce sont des dossiers qui pouvaient atterrir sur la table de la justice. Les cas de litige les plus fréquents à la Maison de justice, détaille M. Oually, sont les problèmes de loyer, les créances, les problèmes de ménage, entre autres», avance-t-il. Quid des difficultés ? «Il y a le manque de moyens, mais des partenaires tels que l’ambassade de France et les autres sont en train de prendre le taureau par les cormes pour que ce problème soit jugulé», avance-t-il.
abfall@lequotidien.sn

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