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Condamnés en première instance à 5 ans ferme et à payer 65 millions de dommages et intérêts, pour détournement de deniers publics, faux, usage de faux et complicité de ce chef, le contrôleur du Trésor, Ibrahima Konaté, le gestionnaire, Pape Farba Guèye, et l’ancien instituteur, Mbagnick Guèye, avaient fait appel sur les intérêts. En rendant sa décision, la Cour d’appel de Dakar a relaxé les prévenus et débouté la partie civile, qui a fait opposition. Le Parquet général a montré toute sa surprise par rapport à la suite qui a été donnée à cette affaire. La décision sera rendue le 19 décembre.

Le différend, qui oppose le vieux commerçant, Thierno Sow, aux prévenus Ibrahima Konaté, Pape Farba Guèye et Mbagnick Guèye, est loin de connaitre son épilogue. Ce dossier vieux de plus de 10 ans n’a pas encore livré son verdict final. Hier, le vieux commerçant, âgé aujourd’hui de 74 ans, était devant la Cour d’appel de Dakar pour se plaindre de la décision rendue par cette juridiction en faveur des prévenus. En fait, le contrôleur du Trésor, Ibrahima Konaté, le gestionnaire, Pape Farba Guèye, et l’ancien instituteur à la retraite, Mbagnick Guèye, étaient poursuivis en 1999 pour détournement de deniers publics portant sur la somme de 120 millions de francs F Cfa, faux et usage de faux contre le premier nommé et complicité de ce délit contre les deux autres. Jugés en première instance pour ces chefs qu’ils ont tous reconnus, les prévenus ont été condamnés à 5 ans de prison ferme et à payer à la partie civile, la somme de 65 millions de dommages et intérêts pour lui avoir causé un préjudice de 40 millions de francs. Mais malgré ces aveux, les mis en cause ont interjeté appel sur les intérêts civils.
Statuant sur les intérêts civils, la Cour d’appel de Dakar, à la surprise générale, a non seulement relaxé les prévenus, mais elle a débouté la partie civile Thierno Sow de ses intérêts civils. Surpris par une telle décision, le vieux commerçant a fait opposition. L’affaire a été appelée hier devant cette même juridiction. Selon Me Bamba Cissé, avocat de la partie civile, la cour devait statuer seulement sur les intérêts civils. Mais, déplore-t-il, elle a relaxé les prévenus et débouté Thierno Sow alors que ces derniers avaient reconnu les faits en première instance sous prétexte qu’il n’a pas caractérisé l’étendue de sa demande. C’est pourquoi, poursuit-il, «nous avons fait opposition et cité les prévenus qui ont pris la poudre d’escampette». Pourtant, «ils ont reconnu le principe de la remise», rappelle la robe noire qui maintient leur demande en première instance.
Prenant la parole, le Parquet général n’a pas manqué d’exprimer aussi sa surprise face à une telle décision qui vise à éteindre cette affaire. «Je note aussi ma surprise pour ce qui est arrivé dans cette affaire», a-t-il dit. La décision sera rendue le 19 décembre prochain. Pour rappel, les prévenus, qui ont brillé par leur absence devant la barre, sont poursuivis pour détournement de deniers publics.
justin@lequotidien.sn

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