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Abdoulaye Bathily n’héritera pas du fauteuil de président de la Commission de l’Union africaine (Ua). Le candidat sénégalais a perdu hier l’élection devant désigner le successeur de la Sud-africaine, Nkosazana Dlamini-Zuma, et n’a pas réussi à faire le plein de voix au niveau des pays de la Cedeao. Au finish, le chef de la diplomatie tchadienne, Moussa Fakit Mahamat, décroche le poste après s’être défait de la candidate kényane, Amina Mo­hamed Jibril, au bout de 7 tours de scrutin.

Les nombreux efforts et le lobbying intense des autorités sénégalaises – envoi de nombreuses délégations ministérielles dans plusieurs pays  d’Afrique – n’ont pas impacté manifestement l’élection à la présidence de la Commission de l’Union africaine. Résultat : le candidat sénégalais Abdoulaye Bathily n’est pas passé. Les Etats africains ont fini par porter leur choix sur le ministre tchadien des Affaires étrangères. Moussa Faki Maha­mat, qui va succéder ainsi à la Sud-africaine Nkosazana Dlami­ni-Zuma, après s’être défait de la candidate du Kenya, Amina Mohamed Jibril qu’il a battue au septième tour de scrutin.
Mais que de péripéties pour parvenir à élire le quatrième président de la Commission de l’Ua. Cela n’a pas été simple, renseigne-t-on. Puisque la surprise est venue du chef de la diplomatie kényane, Amina Mohamed Ji­bril, qui a viré en tête, au premier tour de l’élection devant le candidat du Tchad, Moussa Faki Maha­mat. Les observateurs constateront que c’est au bout de trois tours de scrutin que les trois autres candidats se sont retirés : Abdoulaye Bathily du Sénégal, l’Équato-guinéen Aga­pito Mba Mokuy et la Bots­wa­naise Pelonomi Venson-Moitoi. Ce qui constitue ni plus ni moins une débâcle pour le professeur Abdoulaye Bathily. Qui n’a pas réussi à faire le plein de voix pour les votes des pays membres de la Cedeao, du fait qu’il n’a obtenu que seulement…10 voix. Au finish, on aura fini de constater que l’unité tant clamée et affichée par les 15 pays membres de la Com­munauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cedeao) n’était pas de mise. Quels sont les pays qui ont «trahi» la cause communautaire ?
Au quatrième tour de scrutin, le Kenya et le Tchad seront au coude à coude. A ce niveau de l’élection, le candidat tchadien prend l’avantage pour avoir bénéficié du soutien de plusieurs pays d’Afrique centrale et du Sahel, de tous les pays d’Afrique du Nord et de ceux d’Afrique australe.
A Addis-Abeba, l’on parle de «campagne discrète et méthodique» du Président tchadien Idriss Deby Itno en faveur de son candidat. «Une victoire aussi de l’Armée tchadienne  qui a payé de son sang» pour la  défense de pays comme le Niger, le Mali, le Cameroun et le Nigeria contre le groupe islamiste Boko Haram, informe-t-on.
Le Président sénégalais Macky Sall a d’ailleurs félicité son homologue tchadien pour l’élection de son compatriote à la tête de la Commission de l’Ua.

Satisfait,  Mahamat dit mesurer le poids de la charge
La «satisfaction» est le premier sentiment qui anime le nouveau Président de la Com­mission de l’Ua. Moussa Faki Mahamat dit également au micro de Rfi «mesurer le poids de la charge (et) la responsabilité qui est dorénavant la (sienne)». M. Makhamat tente de justifier, au passage, sa victoire par son expérience et sa vision «qui ont certainement convaincu».
Elu pour un mandat de quatre ans, le nouveau président de la Commission de l’Ua, Moussa Faki, 56 ans, est un fidèle du Président tchadien Idriss Déby Itno. Il dirige depuis 2008 la diplomatie de son pays et a eu à présider le Conseil de sécurité en décembre 2015. (Voir ci-dessous)
mdiatta@lequotidien.sn

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