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L’Assemblée de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar a suspendu le processus de renouvellement des amicales des Facultés des lettres et sciences humaines et des sciences économiques et de gestion en attendant de commettre un cabinet d’audit indépendant pour l’organisation d’autres élections. L’instance a également validé l’élection de trois bureaux d’amicale, c’est-à-dire les Facultés de médecine, de droit et des sciences. L’Assemblée compte traduire les «fauteurs de troubles» devant la commission centrale de discipline.

L’Assemblée de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar suspend temporairement le processus de renouvellement des amicales de la Faculté des lettres et sciences humaines (Flsh) et de la Faculté des sciences économiques et de gestion (Faseg). L’instance universitaire qui s’est réunie hier en séance extraordinaire annonce à la place un audit de l’application du vote électronique par un cabinet indépendant avec la participation de toutes parties prenantes, notamment les personnels du rectorat, le médiateur de l’Université, les étudiants et les partenaires sociaux. «Le recteur va désigner incessamment un cabinet indépendant pour voir en quoi le système qui organise les élections est fiable ou non», soutient le vice-recteur Amadou Abdou Sow. Tout de même, les universitaires ont tenu à éclairer l’opinion sur la direction de l’Informatique et des systèmes d’information chargée d’organiser les élections. «C’est ce système qui gère les 100 mille étudiants que compte l’université. C’est ce même système qui gère tous les relevés de notes des étudiants dans le système Lmd», avance le vice-recteur qui donne l’exemple la Faculté de lettres qui, à elle seule, organise 1 607 examens par session et les résultats sont donnés par la Disi. «Comment on peut incriminer un système qui gère tout ça quand seulement il y a élection ?», s’interroge l’universitaire.
Par contre, l’Assemblée de l’université a validé l’élection de trois bureaux d’amicale. Il s’agit des Facultés de sciences et techniques, des sciences politiques et juridiques et de médecine où le processus est arrivé à son terme. Le vice-recteur s’est même félicité de l’organisation des élections au niveau de la Faculté de médecine où le processus s’est très bien déroulé sans violence ni contestation. «Ce sont les étudiants eux-mêmes qui se sont réunis pour organiser tout le processus administratif. Ils sont par la suite venus déposer leurs dossiers au niveau de leur doyen», indique-t-il fier.
C’est au niveau des Facultés de droit et des sciences où il y a eu des recours. Mais de l’avis du vice-recteur, par ailleurs doyen de la Faculté des lettres et sciences humaines, ces recours ont été vidés et les élections entérinées par l’Assemblée de l’université qui fonde sa décision sur le fait que les contestataires étaient incapables d’apporter la moindre preuve de leurs allégations. «On leur a demandé d’apporter un informaticien pour prouver que le système est bidouillé, mais ils ne l’ont pas fait», s’est défendu le vice-recteur face à la presse.
Revenant sur le processus de renouvellement des deux autres amicales suspendues, M. Sow soutient que tout était pourtant bien parti. Mais à la veille des élections, raconte le vice-recteur, 5 des 6 listes de la Faculté des lettres et des sciences humaines ont envoyé une lettre pour lui dire qu’elles n’ont pas confiance à la direction qui prête sa plateforme pour l’organisation du vote et elles préféraient se retirer du processus. Les étudiants ne se sont pas limités à cet acte. Le lendemain, dénonce M. Sow, «ils sont allés saccager la direction de l’Informatique et des systèmes d’information. Ils ont insulté le directeur et son personnel. Les travailleurs traumatisés ont décidé alors de se retirer du processus disant qu’ils ne peuvent plus continuer à faire les élections», raconte Amadou Abdou Sow.
L’Assemblée de l’université a aussi pris des mesures pour punir les fauteurs de troubles. Les universitaires disent attendre que la direction leur fournisse le nom des étudiants identifiés. La Commission d’instruction, composée de représentants d’étudiants et d’enseignants, va instruire et entendre ceux qui sont incriminés. Un procès-verbal sera dressé et envoyé à la Commission centrale de discipline où également les étudiants, le personnel administratif et les syndicats sont représentés. Et les «sanctions peuvent aller de la réprimande à la suspension ou à l’exclusion», renseigne le vice-recteur.
ndieng@lequotidien.sn

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