PARTAGER

Bientôt les 15 Etats membres de l’Ecole inter-Etats des sciences et médecine vétérinaires de Dakar vont disposer de cadres et un personnel qualifiés pour assurer la surveillance et la gestion sanitaire de la faune sauvage. L’école régionale vient de lancer le master 2 de cette discipline. Les enseignements vont démarrer à la rentrée prochaine.

L’Ecole inter-Etats des sciences et médecine vétérinaires de Dakar (Eismv) diversifie son offre de formation. Elle a procédé hier au lancement de son master 2 en Gestion et surveillance sanitaire de la faune sauvage. Ce 4ème master de cette école régionale va commencer dès la rentrée prochaine, annonce son directeur, le Professeur Yalacé Yamba Kaboret. Il va  comporter deux spécialités : «Médecine vétérinaire de la faune et des aires protégées» qui prend en charge chaque animal ou une population d’animaux sauvages dans le cadre de la santé et la spécialité, «Epidémio-surveillance de la faune sauvage» qui enseigne la connaissance écologique, la physiologie de ces animaux, explique le Professeur Kaboret. Pour faire le master, il suffit juste de déposer un dossier qui, selon le directeur, sera analysé sur la base de diplômes acquis soit dans la gestion des aires protégées ou de la faune soit dans la médecine. «Des ouvertures sont données à la médecine vétérinaire», assure M. Kaboret.
Un master qui vient à son heure dans la mesure où il va mettre à la disposition du Sénégal et des autres pays africains qui forment cette école régionale du personnels qualifiés pour la surveillance, la détection précoce et la riposte rapide contre les maladies émergentes, ré-émergentes et les zoonoses impliquant la faune. «Jusque-là, ce personnel n’existe pas», indique M. Kaboret. Ce qui a expliqué les manquements et les failles constatés dans la gestion de la crise Ebola en Guinée et en Sierra Leone, occasionnant ainsi 11 mille morts. D’ailleurs, c’est pour ne plus vivre ces failles que l’Eismv a saisi l’opportunité offerte par le réseau One health in central and eastern Africa (Ohcea) pour créer le master en Gestion et surveillance sanitaire de la faune sauvage.
Cette formation arrive également dans un contexte mondial marqué par une menace réelle d’apparition et de propagation à grande échelle de maladies animales, humaines et des zoonoses. Selon Dr Dieudonné qui a fait la présentation du master, c’est «l’occupation anarchique des terroirs, l’accroissement de l’urbanisation et les effets du changement climatique sur les populations pastorales et rurales qui ont augmenté les risques de transmission de pathogènes animaux-hommes». Il cite des études qui ont révélé que 60% des maladies infectieuses humaines qui surviennent dans le monde sont dues à des agents pathogènes de nature zoonotique, transmis par des animaux domestiques ou sauvages. Dr Dohourou Dieudonné, dans sa présentation, a aussi affirmé que 75% des maladies émergentes sont d’origine zoonose. Une réelle menace à laquelle il faut faire face,  souligne le secrétaire général du ministre de l’Elevage.
ndieng@lequotidien.sn

LAISSER UN COMMENTAIRE