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L’Ong Grand mother project (Gmp-Changement par la culture) a profité de cette 5ème édition de la Journée internationale de la fille pour amener des adolescentes du département de Vélingara, encadrées par leurs parents, à faire des productions sur leurs préoccupations du moment et les solutions pour une meilleure prise en charge de tous leurs droits.

La première édition de la Journée internationale de la jeune fille a eu lieu le 11octobre 2012. Les filles du département de Vélingara, pour la 5ème édition, ont eu le bonheur, pour la première fois, de célébrer cette journée grâce à l’Ong Grand mother project (Gmp-changement par la culture) qui a obtenu, pour ce faire, l’appui financier de l’Unicef. Pour démarrer, la journée fut studieuse. L’équipe de l’Ong américaine a réuni dans la cour de l’école élémentaire Thierno Moustapha Barry, une cinquantaine de jeunes filles, quelques jeunes garçons et une cinquantaine de grands-mères, de femmes en âge de procréation, de leaders religieux et de notables des communes rurales de Némataba et Kandia et de la ville de Vélingara. Objectif : «Gmp-changement par la culture travaille dans la protection et le développement holistique des filles. C’est une journée dédiée aux jeunes filles, pour mettre en exergue leurs besoins et préoccupations et proposer des solutions», informe Mamadou Coulibaly, chargé des programmes de Gmp-Changement par la culture. L’atelier a permis aux participants de réfléchir sur les questions suivantes : Qu’est-ce qui empêche les jeunes filles du Fouladou d’aller, de rester et de réussir à l’école ? Qu’est-ce que les filles elles-mêmes peuvent faire ? Les autres acteurs ? Ce sont les résultats de ces réflexions qui ont été consignés dans un mémorandum lu et remis au préfet du département Abdourahmane Ndiaye. Cela suite à une longue marche, dans l’après-midi, très animée en rythmes et couleurs.
Avec des pancartes qui magnifient le rôle important que joue la grand-mère et l’approche culturelle et intergénérationnelle dans la protection et l’éducation des filles. C’est la fille de la classe de 6ème Haby Diallo Sagna, qui a dévoilé le contenu du mémorandum. Elle a déclamé devant le préfet : «Force est de constater que les mariages et grossesses précoces, la déscolarisation, les cas de viol, les durs travaux domestiques, l’excision, l’exploitation sexuelle et corporelle… sévissent encore dans notre département.» Repue des leçons des grands-mères qui interviennent dans leurs classes, Mlle Sagna poursuit : «Pour notre part, nous nous engageons, à nous abstenir jusqu’au mariage, à nous rapprocher des grands-mères, à être studieuses et assidues à l’école.» Elle a fini par faire un appel pour une synergie d’actions pour que  «les filles aillent, restent et réussissent à l’école, les filles disposent de pièces d’état-civil, les mariages et grossesses précoces soient éliminés, l’excision soit définitivement abandonnée…».
En réaction, le préfet Abdourahmane Ndiaye note : «Je salue l’approche culturelle qui valorise la grand-mère pour lever les contraintes à l’épanouissement des filles. Nous sommes une société d’oralité. Certaines choses importantes ne sont pas écrites. Elles sont portées par les grands-mères. J’appelle toutes les autres organisations à capitaliser l’approche Grand mother project pour la protection des filles. Nous nous engageons dans le cadre du comité départemental de protection de l’enfant à trouver des solutions à certaines préoccupations. Pour certaines autres nous transmettrons à qui de droit.»
akamara@lequotidien.sn

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