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Le ministre de l’Environnement et du développement durable, Pr Mame Thierno Dieng, et Serigne Mbaye Sy Abdou ont co-présidé, hier à Tivaouane, la cérémonie officielle de la 46e Journée mondiale de l’environnement. Une occasion pour Pr Dieng de renseigner que la production journalière de déchets solides urbains dans la capitale Dakar est de 1500 tonnes.

«Pour la seule région de Dakar, l’estimation du potentiel de déchets plastiques sur la base d’une quantité de production journalière de 1 500 tonnes de déchets solides urbains, nous donne un tonnage de 99 700 tonnes par an, dont les emballages plastiques représentent 78%. On note également une augmentation relative de près de 15% de déchets plastiques en 15 ans, due à notre nouveau mode de consommation.» L’information a été fournie hier par le ministre de l’Environ­nement et du développement durable, Pr Mame Thierno Dieng, au cours de la cérémonie officielle de la 46e édition de la Journée mondiale de l’environnement à Tivaouane. Sur le thème «Combattre la pollution plastique», la journée, selon lui, revêt ainsi un intérêt particulier puisqu’ayant trait à la réitération d’une prise de conscience universelle dans la lutte commune contre les facteurs de dégradation de l’environnement, avec une attention portée cette année à la «pollution engendrée par l’utilisation des déchets plastiques». Mame Thierno Dieng fera remarquer qu’en adoptant ce thème, la Communauté internationale met en exergue le «fléau» que représente la «prolifération des déchets plastiques sous toutes ses formes et dans tous les milieux» et rappelle «l’exigence de réduire cette pollution à grande échelle». A l’heure actuelle, une estimation indique que 1800 milliards de déchets plastiques polluent les océans, et ce nombre ne cesse d’augmenter.
Selon Pr Dieng, le changement des modes de production et de consommation contribue en partie à la prolifération des emballages plastiques qui se sont rapidement substitués aux récipients à base de végétaux tels que les calebasses ou les paniers. Et de conseiller : «Nous devons en milieu urbain, bannir la surconsommation et développer un réflexe de consommation des produits locaux pour permettre aux familles rurales de mieux vivre. Cette solidarité nationale entre villes et terroirs est nécessaire.» Il remarque qu’«actuellement, l’achat d’une simple pâte dentifrice ou d’une boite d’allumettes nous donne droit à un sac plastique. La conséquence est que nous produisons énormément de déchets plastiques qui, on le sait, ne sont pas biodégradables». Le Medd pense ainsi que «nous devons d’abord compter sur nous-mêmes en tant que citoyens». Il estime, à ce titre, que «la culture est un élément important à prendre en considération dans ce processus. En effet, la dimension culturelle est au cœur de nos habitudes de vie y compris face à notre gestion des déchets. Nous pourrions commencer par modifier notre comportement en réduisant, par exemple, notre utilisation des plastiques non recyclables en refusant les sachets ou gobelets en plastique dit ‘’jetables’’, source de pollution extrême». Pr Mame Thierno Dieng rappelle qu’il existe des «alternatives». Et de s’interroger : «Nos mères et nos grand-mères n’utilisaient-elles pas des matières naturelles biodégradables comme les feuilles de rônier ou les calebasses pour en faire des récipients de toutes sortes ?» Il constate que «dans la région de Thiès, des femmes continuent de fabriquer de tels objets». Et ne manque pas d’évoquer «les sacs en papier qui sont aussi une alternative».
Et s’agissant du rôle de l’Etat dans la lutte contre la pollution plastique, Pr Dieng souligne que «le ministère de l’Environ­nement et du développement durable a initié, en collaboration avec ses partenaires au développement tels que l’Onudi, un projet de gestion des déchets municipaux et déchets dangereux pour réduire les émissions de polluants organiques persistants dans les villes de Tivaouane et Ziguinchor». Un projet de démonstration qui doit permettre d’améliorer le système de traitement des déchets municipaux et des déchets dangereux par le renforcement des capacités des acteurs concernés, mais également par la promotion des meilleures techniques disponibles et meilleures pratiques environnementales. Aussi renseigne-t-il que l’Etat du Sénégal, afin de lutter contre la prolifération des déchets plastiques, a adopté la loi relative à l’interdiction de la production, de l’importation, de la détention, de la distribution, de l’utilisation des sachets plastiques de faible micronage et à la gestion rationnelle des déchets plastiques. Entrée en vigueur depuis le 4 janvier 2016, la loi propose la normalisation et la standardisation de la production et de l’importation des sachets plastiques, pour ne permettre la mise sur le marché que des sachets de qualité supérieure, résistants et réutilisables. Une loi qui interdit également l’usage à titre gratuit des sachets dont l’épaisseur est supérieure à 30µm. Il termine par souhaiter que cette édition de la Journée mondiale de l’environnement dédiée au combat contre la pollution plastique éveille la conscience de tous les citoyens pour une éradication définitive de ce fléau. Serigne Mbaye Sy Abdou, qui a présidé la rencontre au nom du Khalife général des Tidianes, de rappeler aux Sénégalais leur «devoir éco-citoyen». Le religieux abordant le thème de la journée : «Combattre la pollution plastique», a convoqué certains versets du Coran traitant de l’hygiène et la propreté, pour assimiler le comportement exemplaire de l’individu dans son environnement  tel un «acte de foi». Serigne Mbaye Sy  Abdou est largement revenu sur les «valeurs comportementales» dans la société, lesquelles doivent être le «soubassement de l’humanité». Ainsi et de demander aux populations de veiller à la propreté de leur milieu de vie.
nfniang@lequotidien.sn

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