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Il faudra 10 à 20 millions de F Cfa pour être candidat aux élections municipales et départementales. Presqu’autant que le montant exigé pour les Législatives. Cette caution fixée par le ministre de l’Intérieur et que des partis et coalitions de l’opposition ne cautionnent pas. Encore moins les indépendants. Et pourtant, un éventuel consensus sur le parrainage, objet de discussions dans le cadre du dialogue politique, pourrait tout changer.

La psychose des élections locales de 2014 est encore là. Il n’y a pas de doute. La pléthore de listes (2 700) avait surpris les Oge (Organes de gestion des élections) et tous les observateurs. S’il y avait autant de candidats, c’est parce qu’il n’y avait pas de filtre. Ni caution ni parrainage. Alors, les Législatives de 2017 et leur lot de 47 listes n’étaient pas loin d’alerter sur l’obligation de rationaliser les candidatures. L’impossible bonne organisation avait poussé l’Etat, la Cena et les pôles à introduire en urgence une loi permettant à l’électeur de choisir au moins 5 des 47 bulletins et d’en choisir un. Ce que d’aucuns avaient dénoncé, soulignant que cela remettait en cause le secret du vote. Chat échaudé craignant l’eau froide, le gouvernement a entrepris de trouver un filtre pour les candidatures à toutes les élections en misant sur le parrainage citoyen, du reste très controversé. Ce système a induit alors la baisse de la caution pour la Présidentielle de 65 à 30 millions, soit plus de la moitié. A l’arrivée, il n’y a eu que 5 candidats. Que de choses à dire dans la pratique et l’opérationnalité du dispositif de contrôle qui a tamisé les candidats ! Il faut relever d’ailleurs que cette caution de 10 à 20 millions, selon que la liste est candidate aux Municipales et/ou aux Départementales, pose véritablement problème. En effet, le montant pour les Législatives est passé de 20 millions jusqu’en 2013 à 15 millions en 2017. Il est alors difficile de comprendre que la caution pour les Locales (10 à 20 millions) soit aussi élevée. Ce ne serait pas, comme on veut le faire croire, promouvoir les candidatures indépendantes.
A l’heure du bilan, une chose fait l’unanimité : il faut revoir le parrainage pour les Locales. C’est l’un des points essentiels au menu du dialogue politique. Il faut l’abandonner, selon les observateurs de l’Union européenne. Alors, c’est au moment où la Commission cellulaire dirigée par le général Niang tente de trouver un consensus que cette question divise les acteurs politiques. Même s’il faut concéder à Aly Ngouille Ndiaye le respect à la lettre du calendrier électoral qui lui impose de fixer le montant de la caution dans les délais. Jusqu’à preuve du contraire, les Locales se tiendront le 1er décembre 2019, puisqu’il n’y a pas encore de report. Et que la question n’est même pas encore abordée par le cadre chargé du dialogue politique.
Tout de même, dans l’esprit, le seul fait que la date des élections et le parrainage soient des questions prioritaires du dialogue est un paravent pour le ministre. Peut-on distinguer la caution du parrainage ? Si le dialogue politique conclut à un consensus sur la baisse du taux de signatures, cela n’impacterait-il pas le montant de la caution ? Pour la Présidentielle en tout cas, le parrainage a dicté la diminution de la caution de 65 à 30 millions. Il était alors mieux indiqué d’inclure le montant de la caution pour les Locales dans le menu du dialogue politique. Et ce serait une occasion de «verrouiller» les cautions de toutes les élections une bonne fois pour toutes. Parce que ce dialogue-là n’est pas que pour les Locales.
hamath@lequotidien.sn

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