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Macky Sall a décidé de faire baisser les tarifs de l’électricité de 10%. Mais d’après la Commission de régulation du secteur de l’électricité, la mise en œuvre de cette mesure nécessite l’élaboration d’une nouvelle grille tarifaire par la Senelec et son approbation par la Crse avant son entrée en vigueur. Mieux indique Ibrahima Amadou Sarr, président de la Crse, la situation actuelle de la Senelec ne permet que 2,2% de baisse sur les factures d’électricité.

Le président de la République a promis aux Sénégalais une réduction de 10% sur les tarifs de l’électricité à partir du 1e bimestre de l’année 2017. Macky Sall avait également souligné que les modalités de cette baisse seront définies par la Commission de régulation du secteur de l’électricité (Crse). Mais à ce jour, la situation économique de Senelec ne permet pas une baisse du coût de l’électricité à cette hauteur. C’est du moins ce qu’a indiqué hier, le président de la Crse. Faisant dans la langue de bois, Ibrahima Amadou Sarr a fait comprendre sans le dire, que les conditions ne sont pas encore toutes réunies pour permettre une baisse de 10% sur les tarifs de l’électricité. A l’en croire, pour qu’il y ait une baisse, il faut que l’écart entre les recettes de Senelec et son revenu maximum autorisé (Rma) atteigne un seuil  de plus ou 5%, alors  qu’à ce jour, ce seuil se situe à 2,2%.
Selon les principes du mode de régulation de la Crse, explique M. Sarr, les recettes obtenues par la Senelec avec les tarifs en vigueur doivent être inférieures ou égales à son Rma. Concernant  l’année 2016, le Rma de la Senelec déterminé aux conditions économiques du 1er  octobre  par décision n° 2016-06 du 11 novembre 2016 de la Crse est fixé à 331 milliards, 324 millions de francs Cfa, contre des recettes à percevoir par Senelec  de 338 milliards, 881 millions de francs Cfa. Soit un surplus de revenus par rapport  au Rma de 7 milliards, 557 millions de francs Cfa. Cet écart correspond, selon le président de la Crse, à une baisse des tarifs de 2,2%. «Ce taux est inférieur au seuil de -5% nécessaire pour que la Crse décide de la baisse des tarifs», a déclaré Ibrahima Amadou Sarr, hier en point de presse.
Toutefois, la Crse et la Senelec sont en train de voir les modalités de satisfaire à la demande du chef de l’Etat.
La Crse rappelle que  le mode de régulation des tarifs qu’elle applique  est fixé par la loi n°98-29 du 14 avril 1998 relative au secteur de l’électricité, qui précise en son article 28 que la régulation des tarifs est basée sur le principe des «plafonds de prix».  Donc la mise en œuvre de la décision de Macky Sall nécessite l’élaboration d’une nouvelle grille tarifaire par la Senelec et son approbation par la Crse avant son entrée en vigueur. D’ores et déjà, la Crse a entamé, selon son président, des discussions avec la Senelec en vue de l’effectivité de la mesure dans les délais impartis. Aussi, indique M. Sarr, les 10% de baisse sur les tarifs de l’électricité correspondent à 30 milliards de francs Cfa.  L’Etat va-t-il subventionner la Senelec pour lui permettre d’offrir aux Sénégalais une baisse de 10% sur les coûts de l’électricité ? L’avenir nous édifiera.
ksonko@lequotidien.sn

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