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C’est le calme plat au niveau de la Société nationale de commercialisation des oléagineux (Sonacos) de Diourbel, plus d’une semaine après l’ouverture de la campagne de collecte des graines d’arachide. Une situation qui inquiète les acteurs à la base qui alertent les autorités compétentes.

«Après une dizaine de jours du lancement officiel de la campagne arachidière, nous avons constaté que l’industrie locale est en train de souffrir le martyre, faute de graines. La campagne est ouverte depuis le 3 décembre dernier. Mais aujourd’hui, tous les collecteurs se tournent vers les étrangers parce que ces derniers sont en train de créer une situation catastrophique pour l’industrie locale en déréglant le prix homologué du kilogramme d’arachide.» Ce constat du secrétaire général du Syndicat national des travailleurs des industries des corps gras et activités similaires du Sénégal, qui faisait face à la presse dans les locaux de la Sonacos de Diourbel, est accablant. Pour Samuel Ndour, «le prix homologué, qui est de 210 F Cfa le kg, n’est pas fixé par l’industrie, mais plutôt par l’ensemble des acteurs de la filière arachidière». «Malheureusement, dit-il, sur le terrain, nous avons noté que des étrangers sont venus dérégler la commercialisation de ces graines en payant un prix plus fort que celui officiel fixé par l’ensemble des acteurs de la filière. Ce, pour accaparer non seulement des graines, mais surtout des meilleures graines et dans de plus brefs délais.»
En ce sens, M. Ndour a tenu à préciser que la Sonacos, qui est la plus grande boîte en matière de collecte de graines d’arachide, est dans des difficultés. «C’est une société, qui est en état de redressement, a besoin de cette matière première pour se redresser. Donc si l’Etat laisse ces étrangers exportaient toutes nos graines, sa politique industrielle sera faussée parce que c’est l’industrie qui peut faire le développement du Sénégal pour avoir un climat social paisible. D’ailleurs, il était prévu par tous les acteurs qu’une seule graine ne sera pas exportée tant que l’industrie locale n’est pas servie. Malheureusement, nous constatons que c’est l’inverse qui est en train de se produire. On sert les exportateurs avant l’industrie locale», souligne-t-il. M. Ndour a invité l’Etat à réagir le plus rapidement possible pour barrer la route aux «fossoyeurs» de la campagne. «Les paysans ne conserveront pas de graines de semence tant que le prix est au plus fort. Nous attirons l’attention des autorités pour que les exportations soient bloquées jusqu’à ce que l’industrie locale soit servie. Pour l’heure, nous avons constaté que les usines n’ont pas de camions et les graines sont au port de Dakar. Le port est rempli de containers et de camions de graines d’arachide», poursuit le syndicaliste.
A en croire Samuel Ndour, l’usine n’a pu collecter que 100 tonnes de graines d’arachide, après 10 jours de campagne. Alors que la Sonacos devait être à 7 000 ou 8 000 tonnes. «La même situation est notée dans toutes les Sonacos du pays et au niveau des points de collecte agréés par ces industries», estime le syndicaliste. En écho, le porte-parole de l’intersyndicale de la Sonacos de Diourbel, Ibrahima Diallo, prévient : «Si l’Etat n’intervient pas à temps, les usines ne vont pas tourner alors qu’ils avaient recruté des saisonniers pour commencer le travail. On recrutait plus de 1 000 saisonniers. On avait recruté une partie, mais on risque d’arrêter les contrats si l’Etat ne fait rien.»

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