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Pour la redynamisation du marché interbancaire, la Direction nationale de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao), en collaboration avec l’Association  des professionnels des banques et établissements financiers du Sénégal (Apbef), est à la recherche de voies et moyens pour booster les échanges de liquidité interbancaires.

La Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) continue d’être le premier prêteur de liquidité sur le marché. Aujourd’hui, la Bceao prête aux banques en concurrence près 4 500 milliards de francs Cfa, alors que les banques entre elles, les échanges de liquidité font à peine 5 à 10%. Pour renverser cette tendance, Ahmadou Al Aminou Lô, Directeur national de la Bceao et les professionnels des banques et établissements financiers se sont penchés sur un plan d’action pour la dynamisation du marché interbancaire, marché où s’échange la liquidité. A cet égard, indique le Directeur national de la Bceao, qui faisait face à la presse, «des propositions ont été formulées en matière de renforcement de la documentation. Il y a une convention cadre qui permet aux banques de se prêter de l’argent contre garantie par des titres. On a échangé là-dessus pour voir quels sont les éléments complémentaires qui peuvent rassurer les uns et les autres. Nous avons échangé sur les moyens d’améliorer cette situation, amener petit à petit le système bancaire à se faire confiance et à s’échanger». Ces acteurs du secteur bancaire ont également évoqué  la question relative aux instruments. En effet, explique M. Lô, il y a plusieurs façons d’agir sur ce marché. Ainsi envisagent-ils de voir comment améliorer les instruments pour permettre aux uns et aux autres de mieux transiger sur ce marché. Entre autres, précise le banquier, il a été évoqué la nécessité pour les titres de créances qui sont négociables, qui sont des titres à très court terme, de favoriser leur émission accrue.
Pour rappel, la Direction nationale de la Bceao et l’Apbef se réunissent tous les trois mois pour faire le point de la situation du secteur bancaire et examiner certains dossiers. Ainsi, les banquiers sont largement revenus sur le  Bureau d’information sur le crédit (Bic), qui jusqu’à présent n’est pas opérationnel. «Nous restons encore malheureusement, dans une situation où les clients des banques ne veulent pas donner leur consentement et ça porte préjudice à l’opérationnalisation du dispositif. Nous avons échangé sur les voies et moyens de sensibiliser, de convaincre  le grand public sur le consentement à donner. Nous nous sommes aussi appesantis sur les grosses sociétés auprès desquelles aussi nous restons confrontés à quelques difficultés dans la délivrance de leur consentement. Ce qui n’est pas compréhensible, parce qu’une grande société qui doit de l’argent à une banque doit pouvoir lui donner naturellement, son consentement et permettre que les données qui la concernent fassent l’objet de partage», déplore M. Lô.
Le processus de création de cet instrument qui devrait réduire l’asymétrie d’information, a été lancé il y a de cela maintenant deux ans. Pour recueillir le consentement des clients, la Bceao et l’Apbef projettent un programme concerté de sensibilisation.

 1 057 comptes dormants recensés

La Direction nationale de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) et les directeurs généraux des banques au Sénégal ont échangé hier, lors de leur deuxième réunion trimestrielle, sur les comptes dormants. A ce propos, a indiqué Ahmadou Al Aminou Lô, Directeur national de la Bceao, 1 057 comptes dormants ont été recensés dans les banques et établissements financiers sénégalais pour une enveloppe inférieure  à un milliard de francs Cfa. «Ce n’est pas tellement costaud, mais ces fonds seront désormais transférés à la Banque centrale au bout de dix ans», déclare  M. Lô. Il explique que lorsqu’un compte n’a pas connu de mouvement sur 8 ans, il est considéré comme compte dormant par la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest.  La Bceao exige aux banques de faire un travail de recherche sur le client durant au moins deux ans. A l’issue de ce délai, il est demandé un transfert du fonds à la Bceao.
La Banque centrale va par la suite publier sur son site la liste de ces comptes avec une obligation de garde jusqu’à 30 ans, avant que cette somme ne soit dévolue au Trésor public du pays concerné au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa). Selon le directeur national, «c’est une façon de ne plus laisser cet argent dans les livres des banques trop longtemps, le processus consiste à le transférer à la Bceao pour le garder le plus longtemps possible et permettre entre temps au client ou à un héritier de se manifester pour récupérer les fonds».

4 873 milliards collectés par les banques à fin mars 2017

Les ressources collectées par le système bancaire ont augmenté de 8,7% pour s’établir à 4 873 milliards à fin mars 2017, indique la Direction nationale de la Bceao dans un communiqué. Un montant constitué de dépôts et emprunts de la clientèle à hauteur de 81,9%. En ce qui concerne les fonds propres nets, note le document, «ils se sont inscrits en hausse de 22 milliards, en liaison notamment avec la mise en œuvre de la mesure de relèvement du capital social minimum par les établissements de crédit».
Sur cette même période sous revue, «les établissements de crédit en activité affichent un total bilan de 5 942,1 milliards, en hausse de 11,3% en glissement annuel. Les emplois du système bancaire, pour leur part, se sont accrus de 14,4% pour atteindre 5 278 milliards, dont 64,3% de crédits à la clientèle et 26,3% de titres de placement. Le taux brut de dégradation du portefeuille ressort à 19% à fin mars 2017 contre 21,9% un an auparavant».

dialigue@lequotidien.sn

 

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