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C’est un drame qui ne dit pas son nom : plus 1200 cas de grossesses ont été enregistrés dans 427 établissements scolaires situés dans les départements de Dakar, Pikine Guédiawaye et Rufisque. Ces chiffres vont connaître une hausse à cause des mesures de confinement prises dans le cadre du Covid-19.

Les chiffres sont alarmants. En dépit des mesures étatiques et des missions de sensibilisation des organisations féminines, les grossesses en milieu scolaire ne déclinent pas. En cette période de Covid-19, elles ont même explosé, notamment dans la région de Dakar, selon les révélations du Réseau Siggil Jigéen. «Nous avons des statistiques récentes du Groupe d’études sur la population jeune qui ont montré que les grossesses précoces et les grossesses non désirées ont eu un effet de recrudescence pendant la pandémie du Covid-19 avec le confinement, mais également avec la fermeture des écoles où les jeunes filles et garçons ont été laissés-pour-compte. Et on a constaté qu’il y a eu une recrudescence des grossesses précoces à l’école», renseigne Mme Safiétou Diop, présidente du Réseau Siggil Jigéen (Rsj). En 2019, il a été noté 1200 cas de grossesses dans 427 établissements scolaires à Dakar, Pikine et Guédiawaye dont 34% sont âgés entre 12 et 19 ans. Il y en aura plus cette année.
Ces chiffres montrent les efforts à faire pour assurer un réel épanouissement aux filles dans les écoles. Ces pratiques impactent la scolarisation de cette frange de la population surtout au niveau supérieur. «Cela montre qu’il leur faut encore redoubler d’efforts pour lutter sérieusement contre ces grossesses précoces, pour que les filles et les garçons puissent préserver leur santé de la reproduction afin de continuer leurs études et d’être demain des leaders capables de relever des défis du développement», dit Mme Diop.
Aujourd’hui, il y a des acquis qui sont certes très fragiles, mais des mesures ont été entreprises pour leur garantir une meilleure sécurité dans la société avec des lois protectrices. «Nous venons d’avoir la loi sur la criminalisation des viols. A Keur Massar et à Pikine tout le monde sait que le viol fait partie du quotidien des jeunes filles. Il faut que la loi soit appliquée pour préserver nos filles. Le maire Moustapha Mbengue vient de nous appuyer d’un montant de 2 millions de francs Cfa dans la lutte contre ce phénomène, qui est train de prendre de l’ampleur», salue la présidente du Rsj.
Au-delà de ces questions liées à la santé de la reproduction, le Réseau Siggil Jigéen est aussi très préoccupé par la consommation de certaines substances chez les jeunes. «Du côté des garçons, le taux de consommation de la drogue est de 19% dont 50% chez les collégiens. En ce qui concerne l’alcool, la prise de premier verre se situe à 1% avant 12 ans, 2% entre 12 à15 ans et 31% vers l’âge de 15-18 ans. Et les jeunes scolarisés de 15 à 30 ans sont les plus habitués à la consommation d’alcool», précise Mme Fatou Seck, présidente du groupe thématique éducation de la campagne Deliver for good Senegal.

Le Réseau Siggil Jigéen inquiet de la situation
Face à l’ampleur de la situation, le Réseau Siggil Jigéen a décidé de nouer un partenariat multi-acteurs pour élaborer et mener une stratégie collective de plaidoyer afin que les jeunes filles et les femmes soient au cœur de tous les politiques, programmes et projets dans le pays. Hier, il a mené une activité de plaidoirie à Keur Massar où le viol est une réalité. Moustapha Mbengue, maire de la commune, conscient de la situation, a décidé de porter le combat dans sa commune pour inverser la tendance : «Pour parer à cette situation, il faut maintenir les filles à l’école. Maintenant avec ce réseau, les responsables pourront intervenir en aidant justement ces filles à ne pas abandonner très tôt les études. Raison pour laquelle nous avons décidé d’appuyer le réseau à hauteur de 2 millions de francs Cfa pour mener la lutte.»

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