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La treizième édition du festival sénégalais de Théâtre-forum a été lancée hier à Yaraax. Elle se tiendra jusqu’à lundi prochain.  Pour coller à l’actualité politique avec la campagne électorale en vue des Législatives, le thème choisi est : «Les artistes au pouvoir.» Plusieurs artistes sont d’ailleurs investis sur les listes des  formations politiques pour avoir une place à l’Assemblée nationale.

La 13ème édition du festival sénégalais de Théâtre-forum a démarré hier. Organisée par la compagnie théâtrale Kaddu Yaraax, cette manifestation a été lancée par  des   causeries et une prestation théâtrale au parc Hann. Une série de manifestations vont rythmer cette 13ème édition qui va être clôturée lundi prochain. Mouhamadou Diol, le directeur artistique du festival Kaddu Yaraax, qui avait annoncé son désir de participer aux Législatives à travers la coalition pôle Alternative/3ème voie : Sénégal Dey Dem de Cheikh Tidiane Gadio (Mpcl) et obtenir un poste de député à l’Assemblée nationale,  s’est  finalement désisté au dernier moment pour, souligne-t-il, «convenances personnelles». Toutefois, plusieurs de ses collègues artistes sont investis ailleurs. Poussé à dire les raisons pour lesquelles il a véritablement rendu le tablier alors qu’il jugeait il y a quelques mois, le moment opportun pour que les artistes prennent le pouvoir, M. Diol finira par avouer qu’il a été découragé par le fait que le maire de Sokone, Petit  Gueye soit investi sur la liste départementale alors qu’il souhaitait le voir sur la liste nationale. Mouhamadou Diol souligne qu’à la suite de cette décision, il n’a pas trouvé pertinent de se maintenir sur les listes dirigées par Cheikh Tidia­ne Gadio. «Si le maire de Sokone était investi sur la liste nationale, le fait de se retrouver sur la liste aurait été pertinent pour moi. Je me serai battu pour lui», a-t-il avancé. «Je croyais que Moustapha Guèye devait «compétir» sur la liste nationale pour que je l’aide à gagner les élections à Dakar. Je ne vois pas en quoi je pourrai l’aider avec son investissement sur la liste départementale», insiste-t-il encore avant de préciser que le maire Moustapha Guèye dit Petit Gueye est de «notre mouvement Ifanang».
Il faut noter que cette  13ème édition du festival Théâtre-forum intervient dans un contexte sociopolitique,   culturel  et   économique   particulier,   avec   notamment   l’avènement   de   la   nouvelle Constitution au Sénégal qui stipule que les acteurs des organisations (dont les troupes de théâtre) de tous les secteurs peuvent prétendre aux suffrages des sénégalais pour toutes les élections : locales et législatives confondues. C’est pour cette raison, relève d’ailleurs Mouhamadou Diop, que le thème «les artistes au pouvoir» a été choisi pour cette édition qui coïncide avec les Législatives. Selon le directeur artistique de Kaddu Yaraax, les   rencontres   de   Théâtre-forum   constituent   un   cadre   d’échan­ges   pour   partager   des expériences de terrain, débattre sur des techniques d’intervention et d’investigation sociale et poser le débat sur l’application de l’outil théâtre-forum au sujet des enjeux actuels du développement individuel et collectif. «Il est donc pertinent que le rôle politique de l’acteur y soit débattu», a-t-il dit, relevant par la même occasion que «La pléthore de listes (47) est un mal nécessaire». «Cela a permis aux artistes comédiens d’être in­vestis sur les listes», a justifié Mouhamadou Diol, qui se réjouit de cette avancée. «Nous avons été aidés par la pluralité des listes. Quatre parmi nous sont investis officiellement. Ils sont dans des positions pas confortables. Mais le fait de se retrouver sur les listes des investis pour la future Assemblée Nationale revêt un symbolisme.»

Du théâtre de l’Opprimé à la politique
Mamadou Diol informe par ailleurs qu’il travaille désormais avec le mouvement citoyen «Ifanang» sous la direction de Fadel Barro. «Ce mouvement appelle à plus d’interaction», souligne-t-il. Pour rappel, le groupe Kaddu Yaraax organise depuis treize ans déjà, ce Festival sénégalais de Théâtre-forum ouvert aux groupes de théâtre du Sénégal et du monde entier et qui pratiquent les techniques du théâtre de l’Opprimé comme outil de travail.  Pour cette édition, des groupes locaux et internationaux sont présents en plus des pratiquants et experts individuels expérimentés pour relever le niveau technique des ateliers d’animations pratiques. Les groupes  invités son Gto/Bissau, (Guinée-Bissau), Kocc Barma de Rufisque, Noumec Ziguinchor, Académie de Yeum­beul, Kàddu Yaraax de Dakar, Arcot de Kaolack, Gindi de Kaolack, Nimité théâtre de Conakry (Guinée), Espoir de la Banlieue, Arcot Guédiawaye, Sante Yalla Jigeen ñi / Coalition artistique internationale.

Réflexion sur l’importance des langues : Un auteur souhaite l’officialisation du wolof 

«Aucune de nos langues n’est officiellement reconnue.» C’est l’une des préoccupations qui ont fait l’objet de causerie à l’ouverture de la 13ème édition du festival de Théâtre-Forum. L’auteur Oumar Sall a affirmé à cette occasion, que «c’est une aberration qu’en 2017, on révise une Constitution et qu’on refuse d’officialiser une langue comme le wolof comme langue nationale». «Ça ne s’explique pas. Il faut qu’on se batte pour que les choses changent», a avancé Oumar Sall. Pour lui, bien que faisant partie des 22 langues codifiées, «le wolof mérite plus d’égard, pour la simple raison qu’elle est la langue la plus parlée au Sénégal». «Il faut aller au-delà de sa codification», a-t-il insisté, saluant par ailleurs le fait que parmi les 22 langues codifiées, il y ait six qui soient reconnues et transcrites à l’Assemblée nationale.
«Dans la Constitution, il est dit que le français est notre langue officielle. Ça pose problème», analyse Oumar Sall d’après qui : «Les langues vivent avec des emprunts…. Et il ne faut surtout pas se faire des complexes pour donner à la langue wolof la place qui lui revient.»
ambodji@lequotidien.sn

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