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Après avoir dépassé la barre des 1 000 cas, le Sénégal a l’obligation de prendre des mesures additionnelles pour stopper la propagation du coronavirus. Samedi, lors du point de presse mensuel sur l’évolution de la situation, le ministre de la Santé et de l’action sociale a fait savoir que le constat majeur «est que la pandémie ne faiblit pas». Tout en appelant à «un engagement plus marqué, en particulier des communautés», Abdoulaye Diouf Sarr a annoncé le renforcement de la capacité d’alerte, de détection, d’isolement et de prise en charge.

La progression du coronavirus au Sénégal est fulgurante. Les mesures prises par les autorités n’ont pas encore réussi à stopper la propagation de la maladie. De 190 cas au premier mois, l’on est passé à 1 114 au 2 mai, deux mois jour pour jour depuis que le Covid-19 a fait son apparition dans le pays. Samedi, lors du point de presse sur la situation, le ministre de la Santé et de l’action sociale a reconnu que «le constat majeur est que la pandémie ne faiblit pas». Montrant que la situation est sérieuse, Abdoulaye Diouf Sarr déclare : «Ces 30 jours, le nombre de cas positifs de Covid-19 a quintuplé, passant de 190 à 1 114 entre le 2 avril et aujourd’hui, avec une augmentation des cas communautaires.» Toutefois, il estime que «les mesures et les stratégies de riposte jusque-là mises en œuvre par le gouvernement, qui sont certainement efficaces, ont permis de garder le contrôle.» Un contrôle qui n’a pas permis non plus de circonscrire «l’ennemie». A ce propos, Abdoulaye Diouf Sarr souligne que «la progression de la maladie qui touche désormais 11 régions sur les 14 indique clairement qu’il faut un engagement plus marqué, en particulier des communautés». Selon lui, «seule une application très rigoureuse des mesures tirées d’une très grande discipline individuelle et collective peut nous permettre de vaincre le Covid-19 et de mettre fin à ce ravage sur notre société». Concernant le ministère de la Santé et de l’action sociale, M. Sarr fait remarquer qu’il a adapté la stratégie de riposte à l’évolution de la pandémie. C’est ainsi, informe-t-il, que le nombre de tests-diagnostics autour des cas a été augmenté. Dans cette même dynamique, il a annoncé le renforcement de «la capacité d’alerte, de détection, d’isolement et aussi de la prise en charge». Parmi les nouvelles mesures annoncées par les autorités sanitaires, il y a «la prise en charge extrahospitalière des cas asymptomatiques». Expliquant ce point, le directeur du Centre des opérations d’urgence sanitaire (Cous) a fait savoir que «l’objectif c’est de ne pas perturber nos établissements de santé, de ne pas faire de nos hôpitaux des hôpitaux Covid, pouvant porter préjudice aux autres maladies». Cette prise en charge extrahospitalière, qui assure qu’il «ne va pas faire baisser la qualité de la prise en charge, est destinée aux cas asymptomatiques et peu symptomatiques». Poursuivant ses explications, Dr Abdoulaye Bousso renseigne que «des sites ont été identifiés». Il s’agit du «hangar des pèlerins, la base aérienne de Thiès, le centre des armées de Guéréo». A l’en croire, dans chacun de ces sites, «une équipe médicale sera déployée sur place 24h sur 24 et une ambulance médicalisée sera positionnée». Et Dr Bousso de rassurer : «Ce sont des sites dans lesquels les patients seront pris en charge dans de meilleures conditions. On estime à 400 le nombre de lits disponibles dans ces structures. Cela nous permettra de pouvoir réserver l’hôpital aux personnes qui ont plus de symptômes.»

Les cas des «clusters»
Un autre changement dans la riposte, c’est «la stratégie active de recherche des cas à travers les registres de consultation au niveau des postes de santé, des centres de santé et des hôpitaux». Dr Marie Khémesse Ngom Ndiaye, qui en a fait l’annonce hier, explique que le procédé consiste à identifier dans ces structures de santé «toute maladie répondant à la définition des cas et dépister aussi bien les cas à haut risque que ceux à bas risque».
Par ailleurs, lors de ce rendez-vous mensuel, Dr Abdoulaye Bousso a souligné une particularité de la pandémie au Sénégal. D’après le directeur du Cous, il a été constaté des cas «clusters», c’est-à-dire un patient qui contamine beaucoup de personnes. A en croire Dr Bousso, 14 clusters ont été dénombrés «qui, à eux seuls, sont responsables de plus de 20% des cas». Se basant sur les hypothèses, il fait savoir que «c’est notre mode de vie qui pourrait l’expliquer».

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