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Selon la présidente du Conseil d’administration de la Sénégalaise du droit d’auteur et des droits voisins (Sodav), la Rts est un mauvais élève en ce qui concerne le paiement des droits d’auteur et droits voisins. Sur une dette globale de 236 millions de F Cfa, la chaîne publique sénégalaise a une créance de 150 millions de F Cfa. Elle invite le chef de l’Etat à faire éponger cette dette et régler définitivement ce problème pour le bien des artistes.

«Tous les radiodiffuseurs du Sénégal sont de mauvais élèves et le cas de la Rts est pire», a déclaré hier Ngoné Ndour en sa qualité de Pca de la Sénégalaise du droit d’auteur et des droits voisins (Sodav), en marge d’une réunion de travail qu’elle a tenue avec une mission de l’Organi­sation mondiale de la propriété intellectuelle (Ompi), présente au Sénégal depuis quelques jours. C’était dans les locaux de la direction du Patrimoine. En réalité, la Sodav chiffre aujour­d’hui la dette globale des radiodiffuseurs sénégalais, privés comme publics, à 236 millions de F Cfa. Sur cette assiette financière, la Rts doit la plus large part : 150 millions de F Cfa de créances. «Au Sénégal, aucun des radiodiffuseurs n’est en règle», a malheureusement constaté la Pca de la Sodav. Le non-respect du paiement du droit d’auteur des radiodiffuseurs est une réalité. Et malgré ses multiples tentatives et incessants rappels  à l’ordre, la Sodav peine à rentrer dans ses fonds. Pour amener les radiodiffuseurs à s’acquitter de leurs redevances vis-à-vis des auteurs, artistes et autres ayants droit, la Pca de la Sodav n’exclut pas l’idée de faire intervenir les personnalités haut placées de l’Etat, notamment le ministère de la Culture et de la communication et le président de la République.
«Au niveau de la Rts, des courriers ont été envoyés, des relances faites. Le ministère de la Culture qui a sous sa tutelle la Rts est au fait de ce problème. Il faut saisir le président de la République pour que cette dette soit épongée. Et je pense qu’il n’est pas juste nécessaire de régler cette dette, mais il faut aussi régler cette problématique pour un paiement constant et permanent des droits d’auteur», a-t-elle soutenu. Mme Ndour exige en outre plus de respect vis-à-vis des artistes. «Qu’ils respectent les artistes, qu’ils sachent que c’est un salaire qu’ils doivent payer. Ils ne peuvent pas exploiter et ne pas payer», vocifère-t-elle. En attendant de trouver la solution durable et définitive, Ngoné Ndour et son équipe travaillent et se félicitent d’avoir reçu une mission de l’Ompi qui va les aider à avoir une meilleure organisation en ce qui concerne la gestion des ressources humaines et leur permettre d’accélérer la mise en œuvre effective de la loi sur les droits d’auteur et droits voisins votée depuis 2008 et qui permettra aux auteurs, artistes et producteurs de percevoir leurs droits. «Si le Sénégal ne respecte pas ses créateurs, cela deviendra un petit pays sur le plan culturel. Pour rester un grand pays culturel, le Sénégal doit protéger ses créateurs. Et on protège ses créateurs en leur permettant de vivre de leur travail», a pour sa part affirmé Xavier Blanc, membre de la mission dépêchée par l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle. Il est aussi directeur des Affaires juridiques de la société qui gère les artistes en France, Aspedidam, et Sg Aepo (Ndlr, nous reviendrons sur son intervention dans notre prochaine édition).
Pour ce qui est des difficultés liées à la perception de leurs redevances, Mme Ndour a informé que les auteurs ont déjà perçu en mars dernier et ils continueront à percevoir ce mois de juillet leurs droits. Pour ce qui est des autres ayants droit – les artistes-interprètes, les producteurs… – elle soutient que ça va prendre un peu plus de temps. Mais «ils pourront commencer à percevoir leurs droits d’ici à 15, 18 mois», selon ses prévisions.
aly@lequotidien.sn

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