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Après la tenue du second tour des élections législatives, émaillé par une très faible participation dans la 9ème circonscription des Français de l’étranger (Afrique du Nord et de l’Ouest) qui a atteint  seulement 11,6% pour le Sénégal, et l’attaque terroriste perpétrée dans la b«La sécurité du Sénégal nous importe beaucoup» nlieue de Bamako, l’ambassadeur de France au Sénégal, Christophe Bigot livre son analyse du scrutin et des enjeux sécuritaires.

Comment expliquez-vous le fait que les électeurs de la 9ème circonscription se soient si peu déplacés dimanche dernier ?
Sur l’ensemble de la circonscription, il y avait un double effet, le premier c’est que la réforme qui a permis l’élection des députés des Français de l’étranger est assez récente et c’est la deuxième fois seulement qu’on élit un député des Français de l’étranger, il y a donc  encore un travail à faire en termes d’appropriation de cette fonction. Il faut que les uns et les autres, tous les Français comprennent mieux le rôle de ce député, le lien qu’ils peuvent avoir avec lui, comment est-ce qu’il les représente à l’Assemblée nationale. Ce travail prend du temps et explique qu’il y ait une plus faible participation pour l’élection des députés de l’étranger que pour les députés en France. Le deuxième effet, c’est que dans cette circonscription, il y avait à l’issue du premier tour deux candidats, l’un et l’autre bien que très différents par leurs parcours se présentaient comme issus du mouvement du président de la République. Certains électeurs ont pu penser qu’il aurait été difficile de départager quelqu’un. Ensuite, il faut comprendre qu’au Sénégal comme dans l’ensemble de la circonscription, nous sommes en période de Ramadan et cela ne facilite pas la tenue du scrutin. Pour ce qui est du Sénégal, nous avons fait en sorte que tous les moyens soient mis à disposition pour que tous les élécteurs puissent voter avec pas moins de sept bureaux de vote sur l’ensemble du territoire, cinq à Dakar, un à Saly et à Saint-Louis qui ont mobilisé beaucoup de volontaires, d’asseseurs,  de présidents de bureau de vote et de personnel de sécurité pour que le scrutin se déroule au mieux. Pour autant, je ne peux pas vous dire que je suis satisfait de cette faible participation et je souhaite que lors des prochains scrutins, cette participation soit plus importante, car c’est un rendez-vous très important. Les députés sont un outil décisif pour voter, ammender les lois, mais aussi pour contrôler l’action du gouvernement.

Sur un plan personnel, votre nom avait fuité dans la presse française pour prendre la tête de la «taskforce» anti-terroriste mise en place par le chef de l’Etat. Pouvez-vous revenir sur cet épisode ?
Cette information parue en France était inexacte. Tout ce qui est écrit n’est pas forcément vrai, il se trouve que dans ma vie j’ai été directeur de la stratégie de la Dgse (Direction générale des services extérieurs) et je peux avoir une connaissance de l’univers du monde du renseignement, mais je n’étais pas candidat et je suis très heureux d’être en poste ici depuis un an où il y a mille choses à faire : les projets, il ne suffit pas de les lancer, il faut les mener à bien et voir comment cela avance. Il faut innover aussi, à l’image de ces Ndogou qui sont une première à la résidence de l’ambassade. J’ai des tas de choses à faire ici.

On célèbre la diplomatie solidaire, mais les attentes de l’ensemble des citoyens français d’Afrique ne se situent-elles pas autour de la diplomatie sécuritaire ?
La diplomatie comprend beaucoup de volets, culturel, économique, sécuritaire, solidaire, développement, mais sur le volet sécuritaire je connais assez bien cet univers et il y a une coopération assez exemplaire entre la France et le Sénégal. Au niveau militaire, il faut quand même penser qu’il y a ici 350 soldats français, les Eléments français du Sénégal (Efs). La France a contribué au forum paix et sécurité et Jean-Yves Le Drian qui était ici il y a quelques jours a bénéficié d’un breafing sur la cyber-sécurité grâce à un agent que la France a mis au bénéfice de la division cyber-criminalité de la Direction générale de la police nationale (Dgpn). Que ce soit dans le domaine du renseignement, de la police, de la gendarmerie ou des armées, il y a une relation très forte entre les deux pays, car la sécurité du Sénégal nous importe fortement comme l’ensemble de la sécurité en Afrique de l’Ouest. Mais, il ne faut pas l’oublier que le terrorisme se traite en amont en éduquant dès le plus jeune âge autour des valeurs et d’un islam de paix.

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