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«Les autorités en Mauritanie doivent libérer immédiatement et sans condition deux célèbres blogueurs (Abderrahmane Wed­dady et Cheikh Ould Jiddou) détenus depuis deux mois uniquement pour avoir dénoncé sur Facebook des faits présumés de corruption dans le pays», exige Amnesty international (Ai). Cette phrase des membres d’Ai, lâchée le 22 mai 2019 et contenue dans un communiqué rendu public hier, résume le sentiment d’exaspération de ces défenseurs des droits humains face à la décision des autorités mauritaniennes. «Nous leur demandons de libérer Abderrahmane Wed­dady et Ould Jiddou et de respecter leur droit d’exprimer leurs opinions sans violence», insiste Amnesty international.
Inculpés d’ «accusations calomnieuses» et incarcérés à la prison centrale de Nouakchott, Ould Jiddou et Weddady ont été arrêtés le 22 mars dernier par la brigade des crimes financiers.
Des deux blogueurs, Kiné Fatim Diop, chargée de campagne sur l’Afrique de l’Ouest à Amnesty international, dit qu’ils «sont connus pour dénoncer les violations des droits humains sur leurs blogs et inspirent d’autres jeunes à travers le pays qui se mettent à exercer leur droit à la liberté d’expression, y compris en ligne».
Pour Ai, l’«arrestation illégale» de Ould Jiddou et de Weddady illustre la détermination des autorités de Nouakchott «à écraser la dissidence et à utiliser les chefs d’«informations malveillantes» contre les voix perçues comme critiques qui s’élèvent dans le pays». D’où l’appel de Mme Diop au régime mauritanien à «s’ouvrir aux débats et à la critique émanant des défenseurs des droits humains, des militants et des journalistes». «Le respect et la protection du droit à la liberté d’expression devraient être une de leurs priorités, l’élection présidentielle étant prévue le mois prochain», suggère Kiné F. Diop.
mdiatta@lequotidien.sn

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