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L’Assemblée nationale se démarque des supposés 200 milliards recouvrés dans la traque des biens mal acquis. Son président, Moustapha Niasse, «ignore tout» et déclare «n’avoir pas souvenance» d’une loi de finances rectificative votée ou discutée à l’Hémicycle portant sur ce montant.

Moustapha Niasse «ignore tout» des 200 milliards supposés recouvrés de la traque des biens mal acquis. Sa sortie sonne comme un démenti à l’endroit de l’ancien Premier ministre Aminata Touré qui a fait cette révélation la semaine dernière sur la Rfm. Le président de l’Assemblée nationale qui présidait une journée de réflexion des jeunes de l’Afp, samedi, a dégagé la responsabilité de l’institution parlementaire dans cette affaire. «Je n’ai pas souvenance qu’une loi de finances rectificative a été votée ou discutée sur 200 ou 300 milliards», a déclaré Moustapha Niasse, le ton haut débit. Depuis cette sortie, Mme Aminata Touré essuie les critiques, y compris dans les rangs du pouvoir. D’ailleurs, l’Envoyée spéciale a réveillé le différend entre l’Etat du Sénégal et ses avocats qui en ont profité pour réclamer le paiement de leurs honoraires. Peu loquace sur les questions politiques d’actualité, la sortie de Moustapha Niasse ne semble pas fortuite.
Clairement, elle désavoue l’ancien Premier ministre. «Dieu a décidé que depuis bientôt 5 ans je sois à la tête de l’Assemblée nationale, c’est-à-dire l’un des trois pouvoirs qui dirigent l’Etat sénégalais. L’Assemblée nationale est responsable du secteur législatif, c’est-à-dire la production législative. Mais cette institution ne gère ni l’économie sénégalaise ni l’Exécutif», a-t-il précisé. Moustapha Niasse de poursuivre : «Je veux être clair : C’est par la presse que j’entends, y compris ce matin (samedi), les détails concernant ces 200 milliards. Je ne peux pas aller dans le champ de l’Exécutif, cultiver son champ de maïs alors que j’ai un champ de manioc qu’on m’a confié.»

«Ceux qui prédisent la mort de l’Afp vont partir et la laisser ici»
Par ailleurs, le secrétaire général de l’Afp a ouvert sa succession lors du prochain congrès qui se tiendra au dernier trimestre de l’année 2018. «Je ne demande pas à être reconduit. Je souhaite que les jeunes du parti montent au sommet de la hiérarchie», invite-t-il. Cependant, cette posture de Moustapha Niasse n’est pas nouvelle. Le leader des Progressistes avait tenu le même langage avant son intronisation à la tête de l’Assemblée nationale en 2012 et en 2017. La suite est connue de tous. Moustapha Niasse a également profité de cette rencontre pour s’insurger contre ceux qui prédisent la mort de l’Afp. «Le parti a un bel avenir. Ceux qui prédisent sa mort vont partir et laisser ce parti plus neuf et plus attractif que jamais. Un Président (Me Wade) avait donné un délai de 2 ans pour faire disparaître l’Afp. C’était en 2000. 17 ans plus tard, l’Afp est toujours là et ce Président, où est-ce qu’il est ?», raille-t-il.
bgdiop@lequotidien.sn

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