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La France aime le 9e art. C’est un slogan de tout ce qu’il y a d’officiel et qui va s’afficher sur les murs dans les mois qui viennent. Le ministère de la Culture veut profiter de cette année 2020 pour mettre en lumière la création en bande dessinée. Qui se porte bien en France, contrairement à ses forces vives, dessinateurs et scénaristes en souffrance sociale et économique.

Quand on a besoin de dire à toute une profession qu’on l’aime, c’est sans doute qu’elle se sent mal aimée. 2020 sera donc l’année de la bande dessinée. Ainsi en a décidé le ministère de la Culture. Quelque 500 événements sont déjà programmés, le ministre a passé une commande nationale d’estampes. La Bd est le troisième marché de l’édition, un livre sur sept acheté en France est une Bd, mais la situation économique et sociale des auteurs se dégrade. Depuis trois ans, ils multiplient les appels à l’aide pour faire savoir que la majorité d’entre eux vit sous le seuil de pauvreté et que leur système de retraite – eh oui, eux aussi – laisse à désirer. On ne connaît pas encore les actions que le ministère engagera pour les dessinateurs et scénaristes. Mais on va s’occuper d’eux, a promis le ministre de la Culture Franck Riester, lors du lancement de Bd 2020. «L’idée, c’est de profiter de cette année Bd 2020 pour mettre en lumière à la fois le talent, la richesse et la diversité de la création française, mais aussi les difficultés souvent rencontrées par les auteurs dans leur vie quotidienne.»
Quelques premières pistes tout de même : Le Cnl, le Centre national du livre va augmenter ses aides aux festivals afin qu’ils puissent – c’est un engagement – rémunérer tous les auteurs invités qui s’investissent dans l’animation et la programmation de l’événement et une aide à l’achat du matériel sera créée et pérennisée pour les dessinateurs.

La Bd, un patrimoine français
Parrain de l’année de la Bd au même titre que Régis Loisel et que les Marraines Florence Cestac et Catherine Meurisse, le dessinateur Jul y voit un art populaire partagé par tous. «La bande dessinée, c’est l’exemple même d’un secteur culturel ou d’un art qui reste unitaire. Ça fait vraiment nation. Quelles que soient les classes sociales, les origines culturelles, les différentes parties du territoire français, on a ça en commun, à travers les générations. C’est une force qu’on soupçonne à peine.» Preuve que la Bd s’adresse à tous, d’ici le festival d’Angou­lême, à la fin du mois de janvier, les images d’une dizaine d’artistes de bande dessinée vont s’afficher dans une quinzaine de grandes gares de l’hexagone. Enki Bilal à Mont­parnasse, Valence et Dijon, Charles Burns à Lyon et Avignon, Ugo Bienvenu à Rennes et Montpellier, Nicole Claveloux à Bordeaux et Strasbourg : La Bd est partout et 2020 sera son année.
Francetvinfo

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