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Les frères El Hadji Palla Mbengue et Djibril Mbengue, poursuivis par la société Sorubatic, ont comparu hier respectivement pour abus de biens sociaux et complicité. Créée en 2002, cette société de transport avait comme gérants le promoteur de lutte Palla Mbengue et Babacar Diop. A la suite d’une Assemblée générale, ils ont été révoqués avant que leur gestion ne soit auditée. L’audit a permis de révéler un trou de 125 millions de francs. Il a été reproché à Palla Mbengue des dépenses «non justifiées» de19 millions de francs rien que pour le carburant. Face à cette situation, la société Sorubatic a décidé de porter plainte contre les sieurs Palla Mbengue et Djibril Mbengue, qui faisait presque office de responsable administratif, devant le procureur de la République.
Selon les révélations de l’avocat de la partie civile, Palla Mbengue s’était même rendu à son cabinet pour solliciter un arrangement à l’amiable qui l’éviterait les rigueurs de la prison. C’est en ce sens qu’ils ont signé un protocole où il a reconnu devoir à la société Sorubatic la somme de 150 millions de francs. Seulement, il n’a pas respecté les termes du protocole alors qu’il avait pris sur lui l’engament de payer cet argent.
Devant la barre, les deux frères se renvoyèrent la balle. Selon Palla Mbengue, il avait confié à son frère, Djibril Mbengue, la gestion administrative de la boîte. Il dit aussi qu’il lui laissait souvent le chéquier quand il devait voyager. Il ne s’est jamais préoccupé de sa gestion «parce que j’estimais que tout ce qui m’appartient appartenait aussi à mon frère». Lequel a rejeté les déclarations en admettant néanmoins avoir retiré deux chèques de 36 millions «que j’ai remis à Palla (Mbengue)». Ce qu’il a contesté à son tour.
Selon l’avocat de la partie civile, le rapport de l’huissier a révélé que les 117 millions retirés ont été remis intégralement à Palla Mbengue. Babacar Diop, qui a été entendu à titre de témoin, l’a aussi confirmé. D’après lui,  Palla (Mbengue) est allé le trouver dans son champ pour lui demander pardon. Il lui avait même avoué que c’est lui qui avait retiré les 117 millions de francs. En plus de cet aveu, l’avocat rappelle qu’il a reconnu avoir endossé cette somme au profit d’une société où il est actionnaire. Concernant Djibril Mbengue, il pense que le délit de complicité est avéré à son encontre. Il a retiré, dit-il, 36 millions qu’il a remis à Palla Mbengue. Il a réclamé en guise de dommages la somme de 700 millions de francs.

Le Parquet requiert un an assorti de sursis
Le Parquet, qui ne doute pas de la culpabilité des prévenus, a requis un an assorti de sursis. Alors que les conseils de la défense avancent que Djibril Mbengue ne peut pas être poursuivi pour complicité. «Le fait de retirer de l’argent et de le remettre à Palla ne suffit pas pour asseoir ce délit», disent-il en plaidant la relaxe «parce qu’il n’a tiré aucun profit de cet argent».  En écho, les  conseils de Palla rappellent que le chèque est endossé par la société Sorubatic et demandent la relaxe de leur client. Les mis en cause seront édifiés le 14 mars prochain.
justin@lequotidien.sn

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