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Les communes de Touba et Mbacké ont enregistré 22 cas issus de la transmission communautaire et 19 cas suivis positifs au coronavirus en 15 jours. Revenant sur la résurgence de la maladie, le médecin-chef de Diourbel, Dr Mamadou Dieng, exhorte le personnel de santé à agir avec beaucoup plus de professionnalisme afin d’éradiquer les contaminations en milieu hospitalier.

C’est une propagation fulgurante : entre le 10 avril et hier, le Baol a enregistré 22 cas communautaires positifs au Covid-19 dont 19 à Touba et 3 à Mbacké. Parallèlement à ces chiffres, la ville religieuse a recensé 18 cas contacts et Mbacké en a connu un. Selon Dr Mamadou Dieng, la plupart des nouveaux infectés sont des commerçants. «Et cette explosion des cas communautaires s’inscrit dans l’ordre normal des choses», estime-t-il, tout en ajoutant que le principal défi sera de les détecter et de les traiter à temps. En ce sens, Dr Dieng s’explique : «Cette explosion de cas communautaires notée ces derniers jours entre Touba et Mbacké est due au fait que les gens voyageaient en catimini au moment où on interdisait le transport. Au moment où Touba n’avait plus de cas, les habitants, surtout les commerçants, voyageaient vers des localités infectées au Covid-19. Et aujourd’hui, ils ont atteint la période d’incubation. Ces derniers ont commencé à développer la maladie, sans compter le fait qu’ils ont contaminé de nombreuses personnes non encore détectées», souligne Dr Dieng, qui ne cache pas son inquiétude devant la persistance des comportements qui favorisent la transmission communautaire. «Ici, les gens ne respectent pas les consignes et ne croient même pas à l’existence de la maladie», a-t-il regretté.
Par ailleurs, le médecin-chef de la région médicale de Diourbel rappelle que sa zone administrative a enregistré hier 3 nouveaux cas issus de la transmission communautaire, dont 2 à Touba et 1 Mbacké, et 2 cas contacts suivis dans la ville sainte. Ces chiffres qui confirment la résurgence de la maladie dans la zone laissent entrevoir des lendemains incertains, à moins que la situation ne soit rapidement maîtrisée. Dr Dieng estime que «ce serait catastrophique de découvrir plus tard que des personnes infectées par le Covid-19 sont dans la nature». A l’en croire, 61 malades ont été recensés dans les villes de Touba et Mbacké depuis le 10 mars dernier, 26 d’entre eux ont été déclarés guéris, 2 ont été évacués au Service des maladies infectieuses de Fann à Dakar. «De même, poursuit-il, 36 patients sont toujours sous traitement au centre de traitement au Covid-19 de Darou Marnane à Touba», dit-il. Par rapport aux contaminations notées en milieu hospitalier, le médecin-chef de région a invité le personnel de santé à agir avec beaucoup plus de professionnalisme parce qu’«ils sont les plus exposés et peuvent par conséquent recevoir des cas asymptomatiques positifs au coronavirus. Les agents de santé sont bien outillés, mais parfois il y a beaucoup de failles dans les services d’accueil», renchérit-il. D’où, selon lui, l’importance de l’installation des Comités de veille et d’alerte communautaire (Cvac) dans les services de santé. «Même les cas d’urgence doivent respecter les gestes barrières avant d’accéder à l’intérieur des centres hospitaliers», signale-t-il. Le médecin-chef a aussi exhorté les agents de santé d’arrêter le tourisme hospitalier à l’intérieur des établissements sanitaires.

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