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(Envoyé spécial au Burkina Faso) – La 25e édition biennale du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco) a été ouverte samedi dernier par le Président du Burkina Faso. La plus grande manifestation du septième art africain a été lancée sur une note de gaieté avec des appels de différentes autorités à changer de paradigme et surtout à professionnaliser le 7e art africain.

«Bienvenue au pays du Peuple insurgé, des 30 et 31 octobre 2014, qui a su briser, au prix de mille sacrifices, les chaînes de l’esclavage de tous ordres et qui entend marcher fièrement vers le champ lumineux de la liberté et des valeurs républicaines.» Ces propos du jeune ministre burkinabè de la Culture, Tahirou Barry, ont été chaudement applaudis par la foule venue en masse participer à l’ouverture du Grand rendez-vous du Fespaco. M. Barry, dans un discours aux accents assez révolutionnaires a, à l’instar du maire de Oua­gadougou, Armand Béouindé, exprimé son désir de voir le Fespaco retrouver son lustre des années 1980. Citant Sankara, et célébrant les valeurs républicaines et le cinéma, il a insisté sur son souhait de voir cette édition du Fespaco être celle de «la vérité et du sursaut». Un avis que partage le maire de la ville de Ouagadougou, Armand Pierre Beouindé, qui lui aussi, a noté que cette édition était une opportunité de relancer le Fespaco. «Il faudra redonner au Festival, son éclat d’antan, comme dans les années 1980 où le cinéma mobilisait toute la ville et permettait aux cinéphiles de faire des débats assez nourris», a-t-il souhaité.
«Chers festivaliers, ne vous contentez pas de manger des poulets flambés et bicyclettes, et repartir sans rien proposer», a par ailleurs lancé le ministre burkinabè de la Culture. Se prononçant sur le thème de l’édition 2017, il a indiqué : «nous devons pouvoir repositionner la formation au cœur de la stratégie de développement de l’industrie cinématographique surtout à l’heure des nouvelles technologies».
Pour Tahirou Barry, la mondialisation et les nouveaux outils de communication sont des opportunités dont les cinéastes africains devraient se servir, pour dit-il, «continuer à exister». Poursuivant sa réflexion, il mentionne également que «le cinéma africain doit sans cesse se questionner, s’adapter aux nouvelles technologies, se professionnaliser, et rechercher les fondements de son autofinancement grâce aux nécessaires mesures structurelles des pouvoirs publics».
C’est également ce en quoi croit le ministre Ivoirien de la Culture dont le pays (Ndlr : Invité d’honneur pour cette édition 2017), pour soutenir le Fespaco, a offert une enveloppe de 50 millions de francs Cfa. Rap­pelant les différentes initiatives prises par le gouvernement du Président Alassane Ouattara pour faire renaître le cinéma, Maurice Bandaman dans son discours a fait savoir que «le ciné­ma, est un levier important du développement».
Le président du comité d’organisation, Stanislas Méda, a pour sa part, invité les Ouagalais et les Burkinabè en général à prendre d’assaut les salles de ciné aménagées à l’occasion pour faire honneur aux œuvres des cinéastes. «C’est une occasion pour nous de redorer le blason de notre cinéma», a ajouté le maire de la ville de Ouagadougou, Armand Béouindé. «Au rendez-vous du donner et du recevoir, le cinéma africain doit présenter l’Afrique dans ses réalités socioculturelles. Imiter, c’est se perdre», a encore martelé Stanislas Méda avant de préciser que «s’il y a un film western aux Etats-Unis, indou en Inde, ninja en Chine, nous devons être fiers de présenter un film simplement africain pour ne pas perdre nos repères et notre âme».
Pendant une semaine à Ouagadougou, les festivités battront leur plein autour d’un thème : «Formation et métiers du cinéma et de l’audiovisuel». Mais aussi autour des projections cinématographiques. Au total, 105 films d’une vingtaine de pays seront donnés à déguster aux amateurs des images animées. 17 films d’écoles, 20 films longs-métrages, 21 séries télévisuelles, 21 documentaires et 26 courts-métrages sont en lice dans les différentes catégories de la compétition officielle.
Outre les prestations à l’ouverture des artistes Awa Sissao, Smockey, Sana Bob, Dicko Fils, Wendy, et Alpha Blondy, de l’humour, avec Moussa Petit sergent. Les cavaliers de Madi Dermé avec leurs 40 chevaux ont donné un spectacle à couper le souffle. Avec des acrobaties sur les chevaux, ils ont mis en scène un pan de la vie de Yennenga, cette femme rebelle et guerrière dans l’histoire du royaume Moaga, qui donne son nom au trophée le plus en vue du Fespaco. Dans cette ambiance, plusieurs plateaux de concerts rythment déjà la ville de Ouaga.

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