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Du 20 au 21 septembre prochain, Dakar sera le point de rencontre des experts comptables de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa) à l’occasion du 2e Congrès régional des experts comptables. En prélude à cet évènement, l’Ordre national des experts comptables et des comptables agréés du Sénégal (Onecca) a initié une rencontre d’échange avec ses membres. Selon la présidente de l’Onecca, Mme Marie Ba, le thème de ces assises «Expert-comptable, créateur de va­leurs», va permettre aux professionnels du secteur de réfléchir sur les mutations qui affectent les experts comptables. Au premier plan de celles-ci, la transition numérique. «On estime que presque 90% de nos activités traditionnelles risquent de disparaître», confie Mme Ba. Cette disparition est hâtée par l’arrivée de logiciels efficaces qui permettent de remplir les mêmes tâches avec moins de personnels. Mais au Sénégal, le numérique s’invite désormais dans toutes les transactions fiscales avec la dématérialisation des procédures. C’est ainsi que Mme Ba annonce que les experts-comptables ont obtenu le visa de la Direction générale des impôts et domaines (Dgid) pour toutes les procédures dématérialisées concer­nant la liasse fiscale. «Pour tout ce qui concerne les états financiers déposés auprès de l’Admi­nistration fiscale, il est aujourd’­hui prévu qu’ils soient revus par un expert-comptable qui va attester que cet état financier comporte le minimum de fiabilité requis», explique Mme Ba. «Les états financiers sont destinés à la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao), à l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd) et à la Dgid. Et ils doivent ressaisir les données qui figurent sur ces états financiers, alors que nous sommes dans une ère de dématérialisation où les états financiers peuvent être mis sur un portail télé-déclaratif de façon à ce que ce soient des données exploitables par les destinataires. Aujourd’hui, nous travaillons sur cela et la première étape, c’est l’entrée du portail», explique Mme Ba. Ce portail télé-déclaratif doit être fiabilisé, poursuit-elle. Une nouvelle disposition qui va d’ailleurs pousser les cabinets à créer de nouveaux emplois dans la mesure où le Sénégal ne compte que 200 experts-comptables.
De manière générale, l’arrivée du numérique impacte également la façon de faire de la profession. Selon M. Amadou Samb, président de la Commission de développement professionnel de l’Onecca, des mutations vont être observées. «Préalablement, dans notre profession, l’expertise comptable et l’audit n’avaient pratiquement pas le droit d’intervenir dans le processus de création de richesses. Aujourd’­hui, nous évoluons vers une situation dans laquelle nous allons voir un troisième corps de métier qui existe déjà et qui va prendre une importance plus grande qui est le conseil dans lequel l’expert-comptable va davantage s’impliquer dans le processus de création de richesses.»
mamewoury@lequotidien.sn

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