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Devenir astronaute, c’est le rêve de Rokhya Suzanne Diouf. Elève en classe de 2nd S au lycée d’excellence privé Birago Diop, elle nourrit une passion pour les sciences. Mais Fatim Seck du collège Martin Luther King veut embrasser le métier d’hôtesse de l’air. Comme elles, ils étaient des centaines d’écoliers garçons et filles venus hier prêter une oreille attentive à des modèles. C’était à l’appel de l’Association sénégalaise pour la promotion de l’astronomie (Aspa). En effet, l’Aspa organisait la 2ème édition de la conférence internationale, intitulée Les femmes dans les sciences. «Je trouve que des évènements de ce genre, c’est très important pour mettre en confiance les filles qui sont dans les filières scientifiques. Parce que tous les jours, elles rencontrent beaucoup de contraintes et que ce n’est pas facile. Après avoir écouté ces modèles, je me suis dit que vu qu’elles ont réussi pourquoi pas moi, pourquoi pas suivre leurs pas», s’est réjoui la jeune Rokhya. Elle a tenu ce discours à la suite de la prestation de femmes de renom qui ont accepté de se prêter au difficile exercice de parler de soi.
D’ailleurs, Pr Animata Sall Diallo, agrégée en physiologie, précisera qu’elle a consenti à être là, parce que les initiateurs avaient fait comprendre que c’était pour inspirer les jeunes filles. «Je suis une personne extrêmement curieuse, chanceuse mais pas privilégiée. Je suis aussi une personne vindicative avec un esprit de compétition qui n’abdique jamais. Je suis une personne qui aime les challenges», dira-t-elle. Cette curiosité, selon Mme Diallo, n’était rien d’autre que ce désir de savoir encore en profondeur les choses qui l’ont conduite à faire les sciences, jeune lycéenne. Issue d’une famille maraboutique, littéraire et pas scientifique, elle estime aussi que c’est une chance d’avoir été encadrée par ses parents. Elle ajoute : «Quand vous vous retrouvez dans un environnement où l’éducation est une valeur, où le travail est une valeur, c’est une chance. Mais je n’étais pas privilégiée. Parce que mon père était le premier directeur du budget au Sénégal après l’indépendance, aucun membre de ma famille n’était bénéficiaire de bourse.» A son tour, Awa Caba a invité les jeunes à faire du culte de l’excellence, un sacerdoce. Entre­preneur en It appliqué à l’agro-business et directrice de Sooretul, elle a fait l’apologie de l’auto-emploi. Et le Dr Yaye Kéne Gassama, biologiste et ancien ministre de la Recherche scientifique, y a ajouté sa touche pour motiver davantage les apprenants. Elle dit : «Je suis venue pour vous remobiliser. Remo­­biliser, c’est susciter des vocations, favoriser le maintien des filles dans les filières scientifiques. Nous devons éliminer les barrières liées au genre. Il faut toujours avoir envie d’avancer, d’entreprendre en s’appuyant sur des principes et des valeurs.» Et Maram Kairé, président de l’Aspa, lui, a exhorté les participants à «toujours persévérer dans la voie du travail. Vous demandez également d’avoir un rêve. Et ce rêve, il faut en faire une ambition. Cette ambition, il faut la réaliser et pour ça, je vous demanderai juste d’être des fous. Soyez fous et n’ayez pas peur d’être des fous. Car seuls ceux qui sont assez fous pour penser qu’ils peuvent changer le monde y arrivent».
msakine@lequotidien.sn

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