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L’heure de vérité a sonné pour imam Ndao et Cie. Arrêtés pour apologie du terrorisme, les prévenus seront jugés ce matin en audience spéciale devant le Tribunal correctionnel. Un procès inédit.

Le juge du Tribunal correctionnel de Dakar débute ce matin un procès historique qui va cristalliser toutes les attentions. Dans son rôle sont inscrits une trentaine de prévenus à l’ombre et à l’isolement depuis plusieurs mois. Ils ont en partage des convictions religieuses qui sont supposées fanatiques et qui risquent de saborder la paix sociale dans ce pays salué pour son islam apaisé. L’adaptation du Code pénal à cette nouvelle situation religieuse montre la détermination de l’Etat à réprimer d’éventuelles activités liées au terrorisme.
Ces hommes vont faire face au juge de la 3e Chambre correctionnelle dans le cadre du premier procès lié à des affaires terroristes. Supposés appartenir à des réseaux djihadistes, ils devront répondre en audience spéciale de différents délits relatifs à l’apologie du terrorisme. A la tête de ces détenus se trouve l’imam Alioune Ndao, poursuivi pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste de blanchiment de capitaux dans le cadre d’activités terroristes en bandes organisées et complicité entre autres chefs d’accusation. L’imam Ndao a été arrêté en octobre 2015 suite à la découverte d’une importante somme d’argent à son domicile et d’un téléphone satellitaire.
Au cours de ce procès, il y faudra noter aussi la présence de Mamadou Sall aux côtés d’imam Ndao. Cet homme qui s’active dans le domaine du génie civil a été arrêté pour des connexions supposées avec des groupes terroristes. Dans la même mouvance, Babacar Ndao n’a pas été épargné par le filet des limiers. Dépeint comme un des proches d’imam Alioune Ndao, ce jeune homme de 33 ans devra aussi répondre des mêmes chefs que son supposé mentor. La vague d’arrestations a emporté aussi Omar Yaffa, Ibrahima Mballo et Cheikh Ibra Ba. Ces derniers ont été arrêtés au Niger.
Présentés comme des djihadistes, ils ont été mis à la disposition des policiers sénégalais. Il y a une semaine, ils étaient plus d’une trentaine à faire l’objet d’une audition spéciale. Mais ces nombreux détenus dont certains sont des imams devront prêcher la bonne parole pour échapper au glaive de la justice si on connaît la détermination du chef de l’Etat Macky Sall à combattre le terrorisme sous toutes ses formes. Ce qui laisse entendre que pour être blanc comme neige, il faudrait aux prévenus apporter de solides preuves.
justin@lequotidien.sn

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