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Trois ans après la mort de Elimane Baba Touré, qui avait été cueilli par des éléments de la police du Port appuyés par leurs collègues de Yeumbeul, les parents du défunt ont organisé un récital de Coran suivi d’un point de presse pour demander à l’Etat, particulièrement la justice, d’élucider la mort de leur fils.

Trois ans ont passé sans que les larmes de la famille Touré ne soient séchées. Ils continuent de pleurer leur défunt proche, Elimane Baba Touré, retrouvé mort dans les locaux du Commissariat spécial du Port où il était placé en garde à vue. Hier, El hadji Alé Seck, oncle du défunt, par ailleurs porte-parole de la famille de Elimane Baba Touré, a tenu à déclarer lors d’un point de presse tenu après un récital de Coran dédié à la mémoire de leur dispa­ru : «Jusqu’à présent, malgré les efforts de notre avocat, nous avons constaté que justice ne nous a pas encore été rendue. C’est la raison pour laquelle nous tenons a attiré l’attention nationale sur ce fait mais également à interpeller les autorités judicaires, particulièrement le ministre de la Justice, Me Malick Sall, pour accélérer le processus.»
En présence de la famille, de parents, de proches et amis, El hadji Alé Seck regrette la manière dont la procédure a été menée par rapport à ce dossier : «C’est regrettable. On s’est rendu compte que ceux qui étaient mêlés à cette affaire ne sont plus sur les lieux, entre la police de Yeumbeul et la police du Port. Ces agents qui avaient été cités dans cette affaire, tous ont été mutés. Pire, la dame qui avait fait l’autopsie a quitté le pays. Sur ce, on se rend compte qu’il y a un Sénégalais qui a été tué, et que toutes les personnes qui ont été mêlées à cette affaire ont quitté leurs postes respectifs. C’est nébuleux et jusqu’à présent justice n’est pas faite.»
Face à la presse, le porte-parole de la famille du défunt a aussi renseigné qu’il existe une tentative manifeste de clore ce dossier au niveau de la justice. «Nous avons vu un corps mutilé et on annonce qu’il (Elimane Touré) s’était pendu. A l’époque, même au niveau de la communication de la police, il y avait plusieurs versions. D’aucuns disaient que c’est avec une pièce de tissu qu’il s’était pendu, alors que dans le chambre il n’y avait même pas un lit encore moins un drap de lit.» «Aujourd’hui, malgré les multiples convocations que le juge a fait envoyer à ces personnes supposées impliquées dans cette affaire, ces derniers ne répondent jamais. A la place on nous fait savoir qu’ils ne sont plus à leur poste. C’est malheureux, et pourtant nous avons vu ici au Sénégal des gens qu’on a arrachés de leur lit hôpital depuis la France pour les amener au Tribunal. Donc, il n’est pas difficile pour la justice de faire comparaître un fonctionnaire qui est ici», a fait savoir M. Seck.
latifmansaray@lequotidien

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