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Il est 17 heures. Et à pareille heure, les gens s’affairent normalement aux préparatifs de la rupture du jeûne. A Bargny, les populations étaient hier à cette heure dans la rue à la recherche d’eau. Depuis une dizaine de jours, le liquide précieux ne coule plus dans les robinets. «Nous sommes fatigués. Le retour de l’eau était programmé au 16, mais on ne voit toujours pas le liquide dans nos robinets jusqu’à présent», a soutenu Astou Ndoye, rencontrée au quartier Kipp. «L’année dernière, il y avait une pénurie d’eau comme ça durant le Ramadan et cette année on revit le même calvaire. Bargny est maudite, car les autorités n’ont aucune considération pour la ville», s’est-elle lamentée.
«Depuis 10 jours, les robinets sont fermés dans les quartiers Médinatoul Mounawara et Castors», a expliqué Moussa Guèye. Moustapha Seck, accroché au volant de son véhicule, ne peut comprendre la situation. «C’est difficile de voir du matin au soir, femmes et enfants dans la rue en quête de l’eau», se désole M. Seck, affirmant être entré en contact avec la Sde pour plus de détails. «Ils ont essayé de rassurer en disant que la panne est réglée et que le retour de l’eau était juste une question de quelques heures», a-t-il dit. «Ils nous ont envoyé une citerne, mais cela ne peut pas régler le problème. Presque tous les quartiers de Bargny n’ont pas d’eau dans les robinets. Les rares à avoir de l’eau sont des quartiers comme Kipp, et là-bas l’eau vient par intermittence», a soutenu M. Seck.
A longueur de journée, c’est une ruée vers les rares oasis de circonstance dans la ville. «C’est la proximité avec le camp militaire qui nous permet de sentir moins le manque d’eau. Chaque jour, une citerne est ainsi mise à la disposition des habitants de notre quartier», a témoigné un habitant du quartier Fenkone. «Cela ne suffit pas pour assurer tous les besoins en eau de la famille, mais au moins, cela nous fournit les basiques», a-t-elle poursuivi. Las des sifflements d’air qui sortent des robinets à la place du liquide précieux, les Bargnois ne décolèrent pas. «Une réunion d’urgence est programmée à l’heure du ndogou au Cem Bargny pour voir la conduite à tenir face à la situation», a assuré Moustapha Seck. «Il est inadmissible qu’à Rufisque comme à Diamniadio, les robinets soient ouverts alors que Bargny n’a toujours pas d’eau. Nous ne savons pas où se trouve le problème, mais il faut que la Sde le règle», a-t-il poursuivi non sans manquer de lier la situation à la centrale à charbon. «Nous avons notre version des faits. La Sde a préféré approvisionner la centrale au détriment des populations», s’est convaincu M. Seck.
Le mois du Ramadan passé, une situation similaire s’était emparée de la ville de Bargny et les populations avaient initié une marche de protestation jusqu’aux portes de la Sde pour exprimer leur ras-le-bol.
abndiaye@lequotidien.sn

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