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Le Collectif des jeunes diplômés et acteurs du secteur touristique et de l’industrie hôtelière a réagi, suite à la sortie du patronat du tourisme estimant ses pertes à 350 milliards de francs Cfa. Ce collectif estime que si le secteur a perdu autant de milliards en 8 mois c’est qu’il en a gagné des milliers et des milliers de milliards en 20 ans.

Ismaïla Mbaye, membre du Collectif des jeunes diplômés et acteurs du secteur touristique et de l’industrie hôtelière, s’en est pris à la Fédération des organisations patronales de l’industrie touristique (Fopits), qui déclare que le secteur a perdu 350 milliards à cause de la pandémie du Covid-19. Ce dernier s’interroge, «si le secteur a perdu autant de milliards en 8 mois, combien en a-t-il gagné en 20 ans ?». Il assure que «le secteur a engrangé des milliers et des milliers de milliards de recettes, parce qu’il est très rentable». Mais malheureusement, regrette-t-il, «le métier touristique est le plus pauvre au Sénégal». Parce que, à l’en croire, «ces milliards ne profitent guère aux acteurs qui tournent autour du secteur. Ils n’en bénéficient pas». C’est d’ailleurs la raison qui pousse, dit Ismaïla Mbaye, «beaucoup de jeunes Sénégalais acteurs touristiques à quitter le pays pour aller au Maroc, parce que tout simplement, ils ont un meilleur salaire là-bas. Un serveur a un salaire de 360 à 400 mille francs Cfa au Maroc, alors qu’au Sénégal, il a moins de 50 mille francs Cfa. Le Maroc a développé son industrie hôtelière en faisant des transferts de compétences». Et de se demander, «pourquoi le Sénégal refuse d’aller dans ce sens ?». Pire, fustigent Ismaïla Mbaye et ses camarades, «les jeunes sont écartés du secteur touristique, alors qu’ils devraient être mis au-devant de la scène. Il est temps qu’on nous intègre, parce que nous sommes déjà impliqués. Le temps de ces gros caïmans est fini. Ils ont assez manipulé le bateau à la direction qu’ils veulent. On en a assez. Il est temps qu’ils reculent et pensent à l’avenir de ces jeunes qui gravitent autour du secteur et de les imprégner pour changer la donne».
Outre les 350 milliards de pertes provoquées par le Covid-19, le patronat du tourisme indique que dans la station balnéaire de Saly Portudal, pas moins de 1137 emplois sont menacés et pourraient être perdus dans les trois prochains mois, si la situation actuelle perdure. Que nenni, répond le Collectif des jeunes diplômés et acteurs du secteur touristique et de l’industrie hôtelière. «Ce n’est pas possible. Ils ne peuvent pas licencier, parce qu’à Saly, ils ne prennent que des stagiaires dans les hôtels. Les contractuels on peut les compter», renseigne Ismaïla Mbaye et ses camarades, qui signalent : «Ils ne disent pas toute la vérité. Les chiffres ne sont pas exacts. Et c’est inacceptable.» De leur avis, «la pandémie du Covid-19 devrait nous permettre de réfléchir un peu, mais pas d’en profiter et de donner de faux chiffres. Elle devrait nous permettre de revoir les choses et de décentraliser le tourisme sénégalais, de faire un dispatching pour que chacun y trouve son compte, parce que le tourisme est le premier secteur qui peut faire développer tous les autres secteurs de la vie active». Mais malheureusement, insiste-t-il, «le secteur ne profite qu’à un groupe de personnes. Un circuit fermé qui se partage le gâteau. Lequel groupe en a déjà trop fait et il a montré ses limites».

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