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Poursuivi pour avoir, dans la matinée du 31 mars 2013 volontairement mis fin aux jours de son voisin Dibocor Marone, Alassane Sow dit Djadji a écopé d’une peine de 20 ans de travaux forcés. A l’origine du drame, une banale histoire de fourrage ayant opposé les deux protagonistes qui en sont finalement venus aux mains jusqu’à ce que mort d’homme s’ensuive. Ce jour-là, le marabout Serigne Saliou Guèye du village de Ballabougou prendra sur sa responsabilité le soin d’aviser par téléphone la Brigade de gendarmerie de Joal Fadiouth de la mort du père de famille Dibocor Marone, décédé des suites de ses blessures sur le lieu même où il s’était bagarré avec un berger, Djadji Sow, qui lui assénera plusieurs coups de machette à des endroits sensibles du corps.
Pris de peur, il dut dans un premier temps prendre la fuite avant aussitôt de se résoudre à se rendre le même jour, vers les coups de 15 heures, lorsqu’il a appris que les limiers s’étaient mis à sa recherche. En croire le fils de la victime, Ngor Marone, «Djadji Sow, m’ayant trouvé sur le lieu où se sont déroulés les faits en train de chercher de la paille pour notre cheval, m’avait abreuvé d’injures. Il avait dispersé la paille que j’avais entassée et m’avait ordonné d’aller appeler mon père. Je me suis exécuté, mais c’est à mon retour sur le lieu, après être resté quelques instants à la maison, que j’ai trouvé que le mis en cause, disparu dans la nature, avait déjà tué mon père qui était resté allongé par terre  et couvert de sang. Je suis aussitôt retourné informer sa mère et les habitants du village».
L’épouse de la victime, la veuve Dibor Diouf, elle, fait savoir que c’est son défunt mari qui avait demandé à leur fils d’aller chercher de la paille pour nourrir le cheval. Elle explique que le mis en cause «a porté plusieurs coups de coupe-coupe sur son époux, au bras, aux côtes et à la tête, qui a succombé sur le coup des suites de ses blessures, après avoir perdu beaucoup de sang». Selon Dibor Diouf, la victime n’a jamais eu d’antécédents avec son tueur qui, dit-elle, «est connu pour son arrogance et son impulsivité, un homme agressif, qui se bat avec tout le monde. Son troupeau dévastait chaque année nos champs».
L’accusé, Djadji Sow, lui, a reconnu avoir tué Dibocor Marone. Il explique avoir intimé au fils de la victime, qui était en train de couper de l’herbe pour leur cheval au moment où lui était allé veiller sur son troupeau, l’ordre d’arrêter, en renversant la paille que l’enfant avait fini de ramasser. C’est, dit-il, en ce moment que le jeune Ngor Marone s’est enfui pour aller aviser son père. Lequel, une fois sur le lieu, «s’est dirigé vers moi en brandissant un bâton, m’en administrant deux coups sur le bras et la tête». Il dit avoir fait en ce moment usage de son coupe-coupe, par riposte, en administrant à son antagoniste un coup fatal à la tête. Il a souligné que le turban qu’il portait étant défait, s’enroulant sur sa tête, il a par hasard donné un autre coup pour se défendre sans avoir une idée de l’endroit où il frappait.
Toutefois, laisse-t-il entendre «n’avoir jamais menacé personne, ni être violent ni s’être battu avec quiconque». Aussi, il a fait savoir s’être cassé le bras au cours de cette bagarre sans recevoir une quelconque consultation. «J’ai fait usage de mon coupe-coupe après que le défunt, débarquant en cheval, m’ait insulté et frappé avec le bâton qu’il détenait par-devers lui. Je n’ai pas choisi la tête, mais j’ai seulement frappé au hasard. En prenant la fuite, je ne savais pas que Dibocor Marone était décédé. Je regrette mon geste, je le connaissais», revient expliquer l’accusé qui estime détenir les papiers prouvant que les terres, objet de litige, ont été données à son père. Il avait interdit aux gens de toucher aux herbes qui y poussent. Après le réquisitoire de l’avocat général, Abdou Khadre Diop, le président de la Chambre, Mamadou Diouf, a prononcé la peine de 20 ans de travaux forcés contre le meurtrier Alassane Sow dit Djadji.
nfniang@lequotidien.sn

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