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Cinquante ans de carrière, cela se fête. Et l’artiste musicien Idrissa Diop va mettre les petits plats dans les grands pour fêter son demi-siècle de présence dans la musique sénégalaise. L’évènement est prévu aujourd’hui au Musée des civilisations noires.

Plus de cinquante années se sont écoulées depuis le moment où Idrissa Diop a sorti son premier album Dioubo en 1967. Aujourd’hui, l’un des doyens de la musique sénégalaise va célébrer ce tournant important de sa carrière par un dîner de gala. Et c’est le Musée des civilisations noires qui va accueillir l’évènement ce soir avec Youssou Ndour et Ismaël Lô comme parrains musicaux. Revenant sur sa longue carrière au micro de Radio France international (Rfi), Idrissa Diop raconte ses débuts. «Dioubo, mon premier album en 1967 que j’ai fait avec mon ami français Ndar’disc. Je lui ai dit : ‘’il y a la fête du mouton qui arrive et moi, je n’en ai pas pour ma mère. Je n’ai que ma voix et ma musique. Est-ce que vous pouvez me produire pour que j’achète un mouton ?’’. Et le gars me regarde comme ça et me dit ‘’Si c’est pour votre mère, je vais essayer de vous faire cet album’’.» Depuis, le temps a passé et le musicien a posé son empreinte sur l’histoire musicale du Sénégal. «Je ne suis pas né musicien, je le suis devenu. Etant jeune, on écoutait du James Brown, Otis Reading, on écoutait du soul, du latino», raconte-t-il en jetant un coup d’œil dans le rétroviseur. Son passage à l’orchestre du club dakarois Le Sahel dans les années 1970 est une étape marquante de sa vie. «C’est là où tout a vraiment commencé. C’est là où on a formé cet orchestre qui a révolutionné la musique sénégalaise à cette époque-là. On a mis de la musique électro, des pédales wah-wah et c’était à la fois un orchestre et l’endroit où on jouait qui s’appelait Le Sahel». Dans ce club dakarois vont passer de grands noms de la scène internationale. «On a reçu James Brown, Manu Dibango, Johnny Halliday et Mickael Jackson en 1975 avec les Jackson Five», souligne le crooner de la musique sénégalaise. Dans sa vie de musicien, l’artiste se revendique ouvert à toutes les influences. «Ma vie de musicien, c’est comme le plat national de chez nous, le ceebu jenn. Quand on le pose au milieu de la maison, il y a beaucoup de gens qui viennent autour de ce bol. Cet état d’esprit de partage m’a toujours marqué. Et c’est comme ça que j’ai conçu ma musique et que j’ai pu partager avec énormément de musiciens. J’ai rencontré tous ces gens-là par cette approche que j’ai de la musique, un éternel partage, entrechoquer les cultures.» Une philosophie qui lui a ouvert la voie à des collaborations de haute facture de Bernard Lavilliers à Jacques Higelin, en passant par le guitariste américain Santana, Manu Dibango ou Salif Keïta.
Né en 1949 à Dakar, Idrissa Diop monte son premier groupe le Rio Orchestra dès l’âge de 12 ans. Ensuite, il intègre Le Sahel de Dakar, une des premières formations à vouloir moderniser la musique sénégalaise, avant de migrer vers l’Europe. «Artiste aux collaborations multiples, les albums de Idy Diop, comme on l’appelle, sont toujours des témoignages d’échanges et de voyages musicaux, revêtus d’un jazz mixé aux airs traditionnels africains, à de la musique afro-cubaine et à du funk», écrit le site Musicinafrica. Ce soir, Idrissa Diop a décidé de mettre les petits plats dans les grands pour célébrer son demi-siècle de présence sur la scène musicale sénégalaise.
mamewoury@lequotidien.sn

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