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Audrey Azoulay, Directrice générale de l’Unesco.

Avec la pandémie du coronavirus, le secteur des arts s’est trouvé plus exposé. Des musées fermés, des sites archéologiques ont été pris pour cible par des malfaiteurs qui alimentent un intense trafic d’œuvres d’art. A l’occasion des 50 ans de lutte contre ce fléau, l’Unesco appelle à l’action.

Le président de la maison Pierre-Bergé et Associés, un expert de l’archéologie méditerranéenne, une ancienne conservatrice du Louvre, un galeriste parisien réputé de la rive gauche et un marchand d’art : ces cinq personnes ont été interpellées lundi et ce mardi par les agents de l’Office central de lutte contre le trafic de biens culturels (Ocbc) en France. Ces personnes très en vue dans le milieux parisien des arts sont soupçonnées d’avoir «blanchi» des antiquités et œuvres d’art volées ou pillées dans plusieurs pays en proie à l’instabilité politique depuis le début des années 2010 et l’émergence du Printemps arabe : Egypte, Libye, Yémen ou Syrie. Selon des sources proches du dossier, ce trafic aurait concerné des centaines de pièces et porterait sur plusieurs dizaines de millions d’euros. Les agents de l’Ocbc soupçonnent ces cinq personnalités d’avoir maquillé, avec l’aide d’intermédiaires sur place, l’origine et l’histoire de ces œuvres pour les revendre ensuite légalement à des particuliers mais aussi à de grandes institutions culturelles comme Le Louvre Abou Dhabi ou le Met de New York. Cette affaire n’est que la dernière d’une série d’autres affaires qui montrent l’intensité du trafic d’œuvres d’art dans le monde. Depuis 50 ans l’Organisation des Nations unies pour l’éducation et la culture (Unesco) lutte contre ces trafics. «Ce 50ème anniversaire nous rappelle que le trafic illicite des biens culturels prive les peuples d’un patrimoine qui fonde leur identité et participe à leur développement», a déclaré Audrey Azoulay, Directrice générale de l’Unesco. «Nous devons intensifier nos efforts pour faire respecter les normes éthiques sur le marché de l’art et soutenir les pays pour la sauvegarde du patrimoine et la lutte contre le commerce illicite», ajoute Mme Azoulay.
Avec la pandémie qui frappe le monde, l’Unesco a constaté une recrudescence des trafics. «La pandémie du Covid-19 a engendré de nouveaux défis en matière de prévention et de surveillance du trafic pendant le confinement. En cette période difficile où les mécanismes de surveillance et de protection, ainsi que les ressources sont restreints, nous avons vu des musées fermés être pris pour cible, des sites archéologiques être l’objet d’une augmentation alarmante des fouilles illégales, et un accroissement notable des ventes sur les marchés de l’art en ligne ; ce qui a accéléré le rythme des transactions et augmenté les prix des biens culturels tels que les objets archéologiques, y compris ceux de provenance douteuse», constate l’institution qui entend mobiliser la communauté internationale. «C’est le moment opportun de créer une dynamique pour plaider en faveur de la ratification de la Convention, renforcer les capacités des signataires de la Convention et d’impliquer le public dans la lutte contre le trafic illicite», plaide l’institution qui estime qu’aucun pays n’est à l’abri de ce fléau. «Les réseaux mondiaux de trafiquants et de criminels devenant de plus en plus sophistiqués, la nécessité de prendre de meilleures mesures préventives et de coopérer sur le plan international ne saurait être surestimée», indique l’organisation.

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