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Depuis Dakar où il a prêté serment hier, en tant que président de la République de Gambie, Adama Barrow a appelé l’Armée de son pays à être loyale vis-à-vis de lui. Il a qualifié de rebelle toute force de sécurité qui lui serait hostile.

Il se prête pour la première fois au cérémonial : main droite tendue vers le haut, Adama Barrow, face au Coran, prête serment. Après cet instant solennel, il est devenu le Président légitime de la Gambie. Vêtu de blanc, regard ferme, dressé devant le président de l’Ordre des avocats gambiens, Sheriff Tambadou, il dit : «Moi, Adama Barrow, jure solennellement que je vais exécuter de manière fidèle la fonction de président de la République de Gambie, je m’engage à la préserver et défendre la Cons­titution de manière égale envers le Peuple, selon la loi, sans peur, sans favoritisme, avec justesse et sans mauvaise volonté. Que Dieu me vienne en aide.» Il est chaleureusement ovationné par le Premier ministre sénégalais, Mahammed Boun Abdallah Dionne, le ministre sénégalais des Affaires étrangères, Mankeur Ndiaye, le président de la Com­mission de la Cedeao, Marcel Alain de Souza, l’Envoyé spécial de l’Onu en Afrique de l’Ouest, Mohamed Ibn Chambas, et plusieurs ambassadeurs accrédités à Dakar sans oublier Alieu Momar Njai, le président de la Com­mission électorale de Gambie.
L’instant est historique. L’en­droit aussi. Car la cérémonie se déroule à …l’ambassade de la Gambie à Dakar. «Des circonstances exceptionnelles me forcent à prêter serment ici aujourd’hui», regrette le Président gambien. Dehors, des centaines de Gambiens s’étaient massés devant le portail de l’ambassade pour suivre à travers un écran géant la cérémonie. Summum de la fierté gambienne, l’hymne national retentit. Il est entonné en chœur. Une communion. «C’est un jour qu’aucun Gam­bien n’oubliera …», relève le Président Barrow remerciant les pays de la Cedeao mais surtout le Sénégal.  Après les émotions, le nou­veau président de la Répu­blique a prononcé un discours à la dimension de la situation qui prévaut en Gambie.

«Tous ceux qui circuleront avec des armes seront considérés comme des rebelles»
Constatant le refus du Prési­dent sortant de céder le pouvoir, Adama Barrow a appelé l’Armée nationale à se conformer à la Constitution. «J’appelle tous les personnels militaires à rester loyaux à la Constitution, a déclaré Adama Barrow. Je leur de­mande de démontrer leur loyauté à mon égard sans délai. Je leur demande de rester dans leurs casernes. Tous ceux qui circu­leront avec des armes seront considérés comme des rebelles», menace-t-il. Il se garde de prononcer le nom de Yahya Jammeh. Pourtant, son entourage envisageait organiser  cette prestation de serment à Banjul. Cependant l’hostilité de Yahya Jammeh dont l’Assemblée nationale gambienne a décidé de proroger son séjour à la tête du pays pour 90 jours, a contraint le nouveau Président à se retrancher à Dakar. Ce discours de Barrow rencontre celui du commandant en chef de l’armée, le général Ousman Badjie,  qui a déclaré mercredi que ses hommes ne se battraient pas si les troupes africaines intervenaient dans son pays. «Nous n’allons pas nous impliquer militairement. Ceci est une dispute politique, je ne vais pas impliquer mes soldats dans un combat stupide. J’aime mes hommes», tempérait-il.

bgdiop@lequotidien.sn

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