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Des expérimentés tels que Mamadou Diack ou Demba Fall aux inconnus du grand public en passant par les jeunes pousses de la trempe de Gnookhit ou encore Oumou de la série Dinama nekh, plus d’une centaine d’acteurs théâtraux ont servi pendant trois jours des prestations de haute facture au public venu assister à la 5ème édition du Festival Képaaru maam. Le centre culturel Maurice Guèye a été en fait la capitale du théâtre entre vendredi et dimanche. «Chaque année, on essaie de redoubler d’efforts pour offrir au public une programmation des meilleures. Nous avons une commission artistique qui fait une audition pour toutes les compagnies qui vont jouer. Cela nous a permis d’aller à Saint-Louis, à Thiès, entre Dakar, Guédiawaye et Rufisque pour prendre les meilleures créations du moment pour les présenter au public», a relevé l’initiateur du festival, Ibrahima Mbaye Sopé. Regrouper autant d’artistes à Rufisque n’a pas été chose facile pour le metteur en scène ; d’où son appel à une subvention pour le théâtre.
«Ce n’était pas évident, mais heureusement on a pu organiser ce programme grâce notamment à l’appui de la Fondation Sococim, la Ville de Rufisque, le ministre de la Culture, l’Apix à travers la maison du Ter (…). Le théâtre doit être subventionné. Qu’il soit populaire ou professionnel, les gens ont besoin de s’exprimer, car le Sénégal est doué sur le plan théâtral», a-t-il déclaré. Selon lui, l’érection de structures telles que le Grand théâtre ou le théâtre Daniel Sorano doit être accompagnée d’une formation à la base pour faire jouer pleinement au 4ème art son rôle. «Il ne suffit pas d’avoir un Grand théâtre et que Sorano soit là. Il faut donner un cadre d’expression aux acteurs qui font le théâtre populaire et professionnel, parce que les comédiens ont besoin d’être formés et accompagnés», a estimé le comédien rufisquois.
Ibrahima Mbaye a par ailleurs servi sa vision de la mission que doit avoir Sorano pour l’intérêt de tous les acteurs du théâtre. «Aujourd’hui, on se rend compte qu’il y a une compagnie de théâtre qui joue pour Sorano, mais il y a d’autres parties du Sénégal qui n’ont pas l’occasion de voir Sorano, d’autres artistes qui ne sont pas de Sorano n’ont pas encore l’occasion d’y jouer. Donc, je pense qu’il faut les subventionner, que Sorano aille dans les autres régions et que les autres comédiens des autres régions viennent à Dakar s’exprimer.»
Placée sous le thème «Théâtre pour la paix et la solidarité», cette 5ème édition se veut, selon l’initiateur, un appel à la cohésion sociale. «Aujourd’hui, on voit les politiciens qui se chamaillent, le climat social est tendu, il y a les enlèvements d’enfants, les problèmes de jihadisme. Notre vocation est de sensibiliser et nous avons envie de dire à tous ces gens-là d’arrêter avant que l’eau ne déborde du vase. Nous devons travailler la main dans la main pour l’intérêt de ce pays qui nous appartient», a-t-il exhorté.
abndiaye@lequotidien.sn

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