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L’agriculture est le moteur de la croissance. C’est le secteur qui emploie plus de personnes (35% des emplois en Afrique). Elle est la principale source de revenus de beaucoup de pays du continent. Pour Milison Narh,  directeur du centre de formation de la Banque du Ghana, la croissance est réelle dans le secteur. Paradoxalement, ce dernier fait face à une problématique majeure liée à l’accès au financement du secteur agricole et rural qui préoccupe les organisations et associations évoluant dans le secteur ; d’où le thème de ces 5èmes Assises mondiales : «Contribution des filières agricoles et agro-alimentaires au développement durable. Quel rôle pour la finance agricole et rurale». Un thème qui intéresse tous les continents et qui a réuni plus de 60 pays. «C’est donc une problématique globale», soutient Malick Ndiaye, directeur général de la Caisse nationale de crédit agricole du Sénégal (Cncas). «Nous pensons qu’il faut une approche holistique. Tous les acteurs doivent se mobiliser. L’Etat, les opérateurs privés, les banques, les banques centrales, les structures d’encadrement et de renforcement de capacités, c’est tout le monde qui doit prendre à bras-le-corps la question de l’accès au financement de nos opérateurs et particulièrement de nos petits opérateurs», fait savoir M. Ndiaye.
Le problème du financement est beaucoup plus aigu en Afrique subsaharienne où Milison Narh estime à plusieurs milliards de dollars le financement de l’agriculture rurale. Il préconise la mise en place d’une plateforme d’échange et de partage d’expériences pour soutenir l’agriculture mondiale en général et celle africaine en particulier.
Pour sa part, le docteur Prasun Das, secrétaire général d’Apraca, met l’accent sur ceux qui sont exclus des services de financement. Il propose pour cette catégorie de producteurs qui sont au plus bas de la pyramide des crédits à long terme. Il interpelle les décideurs publics qui, selon lui, doivent mettre en place des mécanismes nationaux de soutien pour accompagner les petits exploitants. «C’est seulement de cette manière que l’on peut stimuler la croissance et ainsi lutter contre la pauvreté et l’insécurité alimentaire», alerte le secrétaire général d’Apraca.
Le Sénégal n’est pas en reste. Son agriculture est aussi confrontée au manque de financement. La Caisse nationale de crédit agricole, pour apporter sa part de solution, promeut un modèle. Avec des partenaires, elle construit dans la Vallée un écosystème de productions sécurisées. Elle veut que la banque prenne beaucoup plus de risques qu’elle n’en prend jusqu’à présent. En collaborant avec les différentes filières, elle identifie les acteurs et essaie de voir et de résoudre les problèmes et autres manquements.
La Cncas dispose d’un portefeuille de 233 milliards de francs Cfa dont plus de 75% consacrés à l’agriculture. Elle dit accompagner le gouvernement du Sénégal dans les programmes nationaux, notamment dans la filière riz, horticulture, les cultures de rente, l’arachide, le coton… L’agriculture emploie plus de 65% de la population et ambitionne de porter les taux de croissance de 6 à 7%.
ndieng@lequotidien.sn

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