PARTAGER

En 2003, l’Onu a proclamé le 6 février, comme journée d’action «de la Tolérance zéro à l’égard des Mutilations génitales féminines (Mgf)». Le but de cette commémoration, c’est d’atteindre l’élimination des mutilations dans le monde entier d’ici 2030. La réalité est tout autre. En Europe, on estime que plus de 500 mille femmes ont été excisées ou sont menacées de l’être. La prévalence s’élèverait dans le monde entier à plus de 150 millions de femmes qui auraient subi une telle opération.
En Allemagne, l’arrivée massive de plus d’un million de réfugiés et surtout des femmes de la Corne de l’Afrique : Somalie, Erythrée et Ethiopie, de l’Iraq et autres pays du Moyen-Orient et d’Asie, qui pratiquent les mutilations, a posé un problème crucial aux médecins qui se sont trouvés du jour au lendemain confrontés à une pratique dont ils ne maîtrisaient pas toujours les enjeux.
La problématique des demandeurs d’asile était vue sous l’angle global des réfugiés et non celui des femmes réfugiées, avec leurs problèmes spécifiques comme celui des mutilations génitales féminines.
Selon une étude récente (2017) du ministère allemand de la Famille, des personnes du 3ème âge, de la femme et de la jeunesse, le nombre de femmes excisées et vivant en Allemagne a sensiblement augmenté. Il s’élève actuellement à 50 mille, victimes de l’excision et 4 000 filles qui seraient menacées de l’être. En effet, les pays comme l’Iraq, le Kurdistan, l’Iran pratiquent les mutilations et forment un nombre considérable de réfugiées. Même si le travail de prévention et de sensibilisation semble faire son effet, il existe encore de nombreuses poches de résistance. Les réfugiées, principalement de la Corne de l’Afrique (Somalie, Erythrée et Ethiopie) et des pays du Moyen-Orient, semblent encore attachées à cette tradition. En fait, on ne connaît aucun cas de mutilation pratiqué sur le territoire allemand – à l’exception d’un médecin égyptien qui avait avoué en 1996, sous le feu des caméras, avoir pratiqué des mutilations à Berlin. Nous devons être vigilantes afin que les filles nées en Allemagne et originaires des pays où la prévalence est élevée ne soient pas excisées secrètement.
Nous sommes très heureuses d’avoir pu inviter à Erlangen le Dr. Manuel Pina, du Sénégal, gynécologue-obstétricien, qui va partager son expérience avec les participants. En tant qu’expert dans le domaine de la santé de la reproduction, y compris des mutilations génitales féminines non seulement au Sénégal, mais dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et Centrale, où il forme les prestataires de services en santé de la reproduction, le Dr. Pina est au service des victimes d’une coutume désuète. Il travaille également avec les agences de l’Onu comme l’Oms, le Fnuap et l’Usaid. Durant son séjour en Allemagne, il participera à Aachen (Aix-la-Chapelle) à une opération de défibulation d’une femme qui a subi l’excision pharaonique. Nous sommes reconnaissantes au Dr. Manuel Pina d’avoir accepté notre invitation et lui souhaitons des entretiens fructueux et un bon séjour en Allemagne.

Conclusion.
Nous, organisatrices de cette journée d’action en Allemagne, soutenons toutes les personnes qui contribuent à protéger l’intégrité physique des femmes. Et cela, dans le respect de la culture de l’autre, afin que nous parvenions à l’abolition des mutilations génitales féminines. Nous ne luttons pas contre les traditions, mais pour l’élimination d’un acte de violence qui affecte la santé des femmes et des filles

Dr. Pierrette
HERZBERGER-FOFANA
Conseillère municipale.
Présidente de la Fédération des Associations Féminines d’Allemagne.
Porte-Parole du Réseau des Femmes d’Afrique et de la Diaspora en Allemagne».

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here