PARTAGER

Face à la presse hier, devant le Palais de justice de Thiès, des travailleurs d’Emaap industries, une usine avicole implantée dans la commune de Pout, réclament à leur employeur, Baba Diao Itoc, 6 mois d’arriérés de salaire.

49 travailleurs d’Emaap industries, une société spécialisée dans la production, l’amélioration et la vente de produits avicoles au Sénégal et dans la sous-région, se sont offusqués hier, à Thiès, de six mois sans salaire ainsi que d’un «manque criant d’information» concernant la gestion de la crise que traverse leur société.
Face à la presse hier, devant le Palais de justice de Thiès, à l’issue d’une audience renvoyée par le Tribunal du travail, Alphonse Sène, agent de maintenance à Emaap industries, crache ses vérités : «C’est inhumain de la part de Baba Diao Itoc, l’une des personnalités les plus influentes de ce pays, de faire travailler des personnes pendant 6 mois sans les payer.» Il poursuit : «Nous avons plusieurs fois essayé de trouver des solutions pour régler le problème à l’amiable, mais cela n’a pas abouti. Et la première tentative était de porter le dossier au niveau de l’Inspection du travail, puisque nous sommes dans un pays de droits. Mais encore une fois, cela n’a pas abouti parce que le président d’Emaap industries et comptable d’Itoc, Amadou Sakhir Diouf, devait amener les preuves que l’entreprise traverse des difficultés. Ce qu’il n’a pas fait. C’est pourquoi l’Inspection du travail a fait un procès-verbal et transféré le dossier au niveau du Tribunal», explique M. Sène qui s’offusque : «Jusque-là, l’administration d’Emaap est restée muette.»
Pis, dénonce-t-il, «en dehors des 6 mois d’arrières, on coupait nos salaires depuis le mois d’août 2018». Pour faire remarquer que «cela fait un an qu’on ne perçoit plus nos salaires normalement». Ce qui fait que, poursuit l’agent de maintenance d’Emaap industries, «des travailleurs n’arrivent pas à honorer les frais de scolarité de leurs enfants, mais aussi de logement. Et d’autres ont vu leur foyer se briser alors que la majeure partie des travailleurs ont des Cdi au niveau d’Emaap». Il alerte les autorités pour que justice soit faite. «Aujourd’hui, le dossier est au Tribunal et normalement nous devrions avoir notre première audience. Ce qui n’a pas été le cas parce que d’après notre mandataire, le dossier n’a pas été transféré au niveau du président du Tribunal. C’est pourquoi l’audience a été renvoyée à une date ultérieure.»
En réaction, nous avons tenté de joindre le président d’Emaap industries et le comptable d’Itoc, Amadou Sakhir Diouf. Mais son téléphone sonnait dans le vide.
nfniang@lequotidien.sn

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here